Sefa Mutlu,Andaç Hongur,Emrah Güney,Ayvaz Çolakoğlu
03 Juillet 2017•Mise à jour: 03 Juillet 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
"Quelle qu'en soit la raison, la Turquie ne tolérera aucune tentative visant à bloquer les initiatives prises dans le domaine de l'industrie militaire. Ceux qui tenteront une pareille chose nous trouverons face à eux" a lancé le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Le président Erdogan a prononcé un discours, lundi, à l'occasion de la cérémonie de mise à l'eau d'un navire militaire baptisé "Kınalıada" au chantier naval d'Istanbul.
Il a débuté son allocution en remerciant tous ceux qui ont oeuvré au bon déroulement et à la concrétisation du projet avant de rappeler qu'un navire de même type, le "Burgazada", mise en mer l'année dernière est toujours en phase de test dans les conditions réelles.
Erdogan a relevé l'importance de l'indépendance technologique dans les domaines de l'industrie de la défense et de la sécurité pour un pays qui souhaite être un acteur dans sa région et au niveau international.
"En tant que pays qui vise à devenir totalement indépendant d'ici 2023 dans le domaine de l'industrie de défense, nous devons avancer encore plus vite. Dans la production de bateaux militaires et surtout de sous-marins nous avons atteint un succès qui mérite les éloges. Nous faisons partie des 10 pays dans le monde capable de concevoir, produire et d'assurer la maintenance de navires militaires" s'est-il réjoui.
Le chef de l'Etat a poursuivi en attirant l'attention sur l'importance de disposer d'entreprises nationales dans ce domaine.
"Je tiens tout spécialement à préciser un point. Sur des produits et des projets équivalents, nous sommes tenus de choisir nos établissements nationaux. Même si, en cas de besoins urgents, on se fournit à l'étranger, le socle de nos planifications doit s'appuyer sur les moyens nationaux. Si nécessaire, nous devons par moment, faire des sacrifices en supportant des coûts plus élevés. Nous sommes dans l'obligation de suivre cette voie" a-t-il expliqué avant d'ajouter :
"En clair, si nous n'avions pas suivi cette méthode depuis 15 ans (nationalisation de la production dans le domaine de la défense), aujourd'hui, en raison des embargos partiels appliqués à notre pays, nous n'aurions pas été en mesure de poursuivre notre lutte contre le terrorisme à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières. C'est pourquoi nous devons revoir notre stratégie de soutien à nos entreprises privées dans le secteur de l'industrie de défense".
Erdogan a insisté sur la politique déterminée qu'il compte mener sur cette question.
"Quelle qu'en soit la raison, la Turquie ne tolérera aucune tentative visant à bloquer les initiatives prises dans le domaine de l'industrie militaire. Ceux qui tenteront une pareille chose nous trouverons face à eux. Toutes nos entreprises qui travaillent sincèrement et produisent dans l'intérêt de notre peuple et de notre pays doivent savoir qu'elles nous trouveront à leurs côtés" a-t-il tonné.
Il a également communiqué quelques chiffres concernant le secteur en question rappelant que beaucoup reste a faire pour atteindre les objectifs.
"La Turquie est un pays pays qui porte de grandes ambitions pour elle, ses frères et ses amis. Afin de les concrétiser, elle doit avant tout développer au plus haut niveau son industrie de défense. L'année passée, nous avons atteint dans ce secteur, une production de 5 milliards de dollars (US) et 1.6 milliards de dollars d'exportation, ce qui est important mais très en deça de nos objectifs" a-t-il lancé.
Erdogan a conclu en précisant l'état d'avancement des différents projets en cours, en indiquant qu'un jour la Turquie parviendrait à construire son porte-avion.
"Nous allons poursuivre et augmenter le nombre des projets d'importance, liés à la sécurité de notre pays. Dans le domaine des navires militaires, nous avons 14 projets en phase de réalisation dans le cadre d'un partenariat entre le secteur privé et des chantiers navals militaires. Dans les années à venir, 10 autres projets vont être signés. Toutes ces évolutions démontrent l'importance que nous accordons au domaine naval dans la résolution des dangers qui se développent dans notre région. Si Dieu le veut, nous allons également construire notre porte-avions".