Andaç Hongur,Sefa Mutlu,Nur Asena GÜLSOY
28 Avril 2016•Mise à jour: 29 Avril 2016
AA - Istanbul - Nur Gülsoy
Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan a mis en garde les jeunes contre trois problèmes du monde musulman, à savoir le sectarisme confessionnel, le racisme et le terrorisme.
Le chef d'État s'est exprimé devant les jeunes collégiens et lycéens des écoles de formation d'imams et de prédicateurs, jeudi, à Istanbul.
Il a affirmé que la Turquie est devenue le pays président de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), pour rappeler les trois problèmes qu'il avait indiqués durant le sommet organisé à Istanbul à la mi-avril.
Erdogan a regretté que tous les scénarios dans ce monde se jouent dans les pays musulmans.
«Les victimes des attentats-suicides sont des musulmans, ainsi que leurs kamikazes, a-t-il fait remarquer. Ainsi, nous devons faire preuve de prudence à l'égard de trois éléments: D'abord les divisions sectaires. Le chiisme n'est quasiment plus une secte mais il est considéré comme une religion. C'est pareil pour le sunnisme. Un musulman chiite ou sunnite sincère ne les considérerait pas comme des religions. L'Islam est le toit commun et supérieur. Alors, pourquoi cette hostilité [entre les branches d'une même religion]?»
Le deuxième problème est le racisme pour Erdogan.
«Si nous sommes des musulmans, nous devons accepter que tout être humain descend d'Adam et d'Ève», a-t-il dit pour insister sur l'égalité.
«Et le troisième problème, a lancé Erdogan, c'est le terrorisme. C'est une honte que les notions de l'Islam et du terrorisme soient utilisées ensemble. Daech, al Qaïda, Boko Haram et al Shabab exploitent les points sensibles et les problèmes des musulmans et contribuent à la campagne anti-islamique. Le PKK, le PYD [branche syrienne du PKK] et le YPG [branche jeunesse du PYD] n'ont aucune relation avec l'Islam.»
Si les musulmans souhaitent retrouver leur prestige, d'après Erdogan, ils doivent en premier lieu surmonter ces trois problèmes.
Il est injuste de forcer les musulmans à choisir entre des dictateurs barbares et des organisations terroristes encore plus barbares, selon le président.
«Le système qui domine le monde entier depuis quelques siècles connait désormais une rupture, a-t-il insisté. Les douleurs vécues, les crises consécutives sont les auspices d'un changement. Nous devons bien saisir ce processus. La Turquie est l'espoir du monde musulman.»