AA /Istanbul / Hanife Sevinc
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souligné que « sans la cohésion et la forte conviction du peuple turc, il aurait été difficile de sauver l’Etat turc de la dernière tentative de coup d’Etat ».
Le président turc prononçait, mardi, une allocution au cours d’une manifestation organisée par la Fondation (Wakf) de la Turquie pour les bienfaiteurs, à l’occasion de la célébration de l’Aid al-Idha (Fête du Sacrifice chez les Musulmans) dans la ville d’Istanbul.
Erdogan a également critiqué les campagnes internationales orchestrées contre la Turquie sous couvert des organisations terroristes, telles que le PKK et Daech pendant plus d’une année.
« Depuis la fondation de l’AK Parti (en 2001) et la prise du pouvoir en 2002, nous continuons sur la voie de notre combat aux côtés du peuple », a affirmé Erdogan.
S’agissant de l’attaque terroriste qui a ciblé, hier lundi, un siège de la police dans l’Est du pays, Erdogan a promis de sanctionner les auteurs, mettant l’accent sur le fait que personne ne peut priver le peuple de la joie au cours de ces jours de fête.
Erdogan a relevé que « l’unité, la fraternité et la conviction du peuple turc ont contribué à avorter la tentative du coup d’Etat du 15 juillet dernier.
« Les chasseurs de type F-16, les hélicoptères et les chars n’ont pas réussi à porter atteinte à la volonté du peuple », a-t-il assuré.
« Nous ne permettrons pas à un Etat alternatif à l’Etat turc ou à une entité parallèle de s’établir », a-t-il encore dit, s’engageant à pourchasser les membres de l’organisation terroriste de Fethullah Gulen.
« La dernière tentative de coup d’Etat est une partie d’un grand jeu qui cible le monde islamique », a souligne Erdogan.
« L’organisation de Gulen ne s’emploie pas seulement à déstabiliser la Turquie uniquement. Cette organisation a des activités en Irak, en Syrie, en Egypte, en Tunisie et en Libye », a fait observer le président turc.
S’agissant des critiques européennes adressées à la Turquie concernant le débat engagé sur le rétablissement de la peine de mort après la tentative de putsch, Erdogan a précisé : « Je leur ai dit [les Européens] que vous n’avez pas affronté ce que nous avons affronté. Il s’agit de la volonté du peuple et si le peuple veut appliquer la peine de mort et que le parlement l’approuve vous n’avez pas le droit d’intervenir dans cette affaire ».
« Celui qui tranche cette question n’est pas l’Union européenne mais plutôt le peuple turc et son parlement. Dès lors, si le peuple prend une décision qui sera approuvée par ses députés au parlement, je ne peux que valider cette approbation », a-t-il lancé.
Evoquant le FETO, Erdogan a lancé catégorique : « Nous ne devons pas permettre à l’organisation terroriste de Fethullah Gulen de trahir notre nation encore une fois ».
« Toutes les institutions de l’Etat ont déployé et déploieront encore leurs efforts dans le cadre », a-t-il assuré.
S’agissant de la crise syrienne, Erdogan a dit que la Turquie n’a aucune ambition dans le territoire syrien, ajoutant que la « Syrie est aux Syriens et tout le monde doit être conscient de cela. Cependant, nous ne voulons qu’aucune partie ne porte atteinte à l’intégrité territoriale de ce pays ».
« Chaque Etat qui soutient le régime et les organisations terroristes en Syrie est partenaire du meurtre de 600 mille innocents depuis cinq ans et la Turquie an assumé ses responsabilités dans le champ humanitaire depuis le premier jour dan la crise syrienne », a-t-il insisté.
Des membres militaires infiltrés du FETO dirigé par Fetullah Gulen, personnalité religieuse en exil volontaire aux États-Unis d'Amérique, ont bombardé plusieurs bâtiments la nuit de la tentative [du 15 au 16 juillet], dont le siège du Parlement et celui de la Police à Ankara.
Les autorités turques avaient appelé le peuple à descendre dans la rue pour manifester contre le soulèvement. Les putschistes ont surtout tiré sur les manifestants dans plusieurs lieux, notamment sur le pont du Bosphore à Istanbul.
Au total, 240 personnes, dont des civils ainsi que des agents de sécurité, sont tombées en martyrs et 2195 autres ont été blessées. Les manifestations qui se sont poursuivies ont été couronnées par un rassemblement national et populaire historique le mercredi 10 août à Istanbul.
La tentative de coup d'État a été déjouée et plusieurs fonctionnaires publics, dirigeants, membres du système judiciaire ont été limogés et suspendus de leurs fonctions dans le cadre des enquêtes menées. Le gouvernement turc a demandé aux États-Unis d'extrader Gulen.