AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La Turquie et l'Arménie devront faire preuve d'un ''travail de mémoire ensemble'' et s'orienter vers un ''nouveau départ'', à l'occasion du centenaire des évènements de 1915, a estimé Hakki Akil, l'ambassadeur de Turquie en France.
Dans sa tribune parue jeudi dans le quotidien Le Figaro, (l'intégralité de l'article est disponible sur ce lien: http://goo.gl/e514QD ), Akil a appelé à tirer des leçons de l'histoire dans l'objectif d''œuvrer pour préserver l'amitié vieille de plus d'un millénaire entre les Turcs et les Arméniens''.
Rappelant que ces deux nations ont partagé ''la même culture'' et que les Arméniens ''ont contribué à l'épanouissement de l'Empire ottoman'', l'ambassadeur turc a jugé qu'une ''animosité'' autour des faits historiques ne serait bénéfique ''ni pour les Arméniens ni pour les Turcs''.
Le diplomate turc a souligné que les Arméniens ''sont parmi les ceux qui ont le plus souffert'' au sein de l'Empire ottoman au début du 20e siècle, out en mettant en relief ''l'ouverture de la Turquie'' face à ce passé.
''Aujourd'hui, un premier ministre turc peut exprimer ses condoléances ... ou annoncer la tenue d'une cérémonie religieuse le 24 avril'', a-t-il ainsi précisé.
En revanche, l'ambassadeur a tenu à souligner que les commémorations des souffrances de la communauté arménienne ne devront pas ''être source d'incitation à la haine envers la Turquie ou les Turcs''. Il a réfuté ainsi tout parallélisme avec la Shoah, évoquant que les dirigeants ottomans n'avaient pas les mêmes motivations que les nazis lorsqu'ils avaient pris la décision de déporter les Arméniens.
Appelant par ailleurs à un ''travail de mémoire ensemble'', notamment à travers une commission commune d'historiens turcs, arméniens et internationaux, Akil a insisté sur l'étude d'une définition juridique des souffrances des Arméniens. Il a finalement mis en garde contre des tensions entre les communautés turque et arménienne en France, ''la dernière chose dont la France ait besoin''.
S'exprimant d'autre part face à la presse turque établie en France à l'occasion de la célébration de la Fête de la souveraineté nationale le 23 avril, Akil a fait savoir que sa décision de rédiger une telle tribune réside dans le fait que plusieurs fausses informations circulent dans la presse française sur la question arménienne.
L'article vise à ''mettre en relief notre approche humanitaire'' et à ''rétablir l'amitié et la paix entre deux nations qui ont vécu ensemble pendant plus de mille ans'', a-t-il souligné.