Andaç Hongur
02 Octobre 2015•Mise à jour: 03 Octobre 2015
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que si les pays du G20 appliquent les mesures prises en 2014 pour la croissance, l’objectif de 2,1% supplémentaires par an, jusqu’en 2018, pourra être réalisé.
Erdogan s’est exprimé lors de la réunion des ministres de l’Energie des pays du G20, vendredi à Istanbul.
Le Président turc s’est félicité de l’organisation, pour la première fois dans l’histoire du G20, de la réunion des ministres de l’Energie, sous la présidence de la Turquie.
«Ceci implique l’arrivée de deux trillions de dollars supplémentaires dans l’économie mondiale, a-t-il dit. Nous envisageons de valider à la réunion d’Antalya un rapport détaillé qui démontre comment nous avons mis en pratique les mesures en faveur de la croissance cette année. Ainsi, nous démontrerons au monde entier que nous respectons nos engagements et que nous les suivons à la lettre.»
Erdogan a rappelé que les pays du G20 représentent 85% de l’économie mondiale, 75% du commerce global et un tiers de la population de la planète.
«Il est essentiel de travailler sur les dispositions qui permettent de lutter contre les causes des crises économiques plutôt que de lutter contre leurs conséquences, a-t-il indiqué. La priorité du G20 doit être d’assurer une croissance mondiale forte, équilibrée, inclusive et durable. Dès que nous avons pris la présidence, les priorités de la Turquie ont été l’application des mesures, les investissements et l’inclusion. La croissance passe forcément par la stabilité et la confiance politique. Depuis 13 ans, les performances économiques de la Turquie sont liées à cela. Nous avons appliqué à la lettre les mesures décidées l’an passé."
A ce propos, le président turc a indiqué que la demande en investissements pour les infrastructures est de plus en plus forte.
«Jusqu’en 2030, les travaux en infrastructures dans le monde nécessiteront jusqu’à 90 trillions de dollars, a-t-il expliqué. Ceci démontre clairement que les investissements dans ce secteur doivent être encouragés. Pour cela, il faut développer une nouvelle approche et une nouvelle coopération. En Turquie, le secteur privé travaille étroitement avec le secteur public, et nous en voyons les effets positifs. Les seuls fonds publics ne peuvent garantir l’ensemble de ces investissements. La coopération privé-public est essentielle.»
Erdogan a souligné que le secteur de l’énergie demande également de nombreux investissements.
«L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estime que jusqu’en 2035, le secteur a besoin de 48 trillions de dollars d’investissements, a-t-il poursuivi. La demande énergétique est sans cesse en augmentation dans le monde. Le développement technologique implique cette demande croissante. Les pays africains en particulier, qui affichent des croissances très fortes, rencontrent des difficultés pour l’accès et le transport de l’énergie. Aujourd’hui, plus de 1,3 milliards d’individus n’ont pas un accès régulier à l’électricité, c’est inacceptable. Plus de la moitié du continent africain vit dans cette situation.»
Le Président Erdogan est longuement revenu sur les déséquilibres dans l’accès à la richesse et à la prospérité économique, notamment pour les femmes et les jeunes.
«Parmi les objectifs du G20, il y a celui de faire baisser de 25% jusqu’en 2025, le nombre de jeunes à faible formation ou travaillant de manière non officielle. De la même manière, les femmes doivent obtenir une place plus importante dans l’économie. J’ai encouragé la création du Femmes20 dans le G20. L’intégration des jeunes et des femmes doit être une priorité absolue.»
Le Chef de l’Etat turc a préconisé aussi de réduire les prix de la production de l’énergie.
«Il est important pour notre avenir que les prix de production de l’énergie renouvelable continuent de baisser et que les technologies de l’énergie renouvelable soient mieux intégrées au système énergétique traditionnel, a-t-il poursuivi. Nous devons développer tous ensemble une stratégie commune dans ce domaine. Le secteur de l’énergie est confronté à de sérieux changements depuis quelques années. La question de la sécurité de l’énergie devient une priorité pour tous. La Turquie est au centre de nombreux projets portant sur de voies pour l’acheminement des énergies vers plusieurs régions du monde. Nabucco, et Tanap sont les plus gros projets que nous développons avec nos partenaires dans ce domaine. Les pays européens, qui n’ont pas réussi à concrétiser Nabucco, doivent nous soutenir dans Tanap, c’est une nécessité pour chacun.»
Enfin, le Président Erdogan s’est dit satisfait que la Chine soit le prochain pays qui va présider le G20.