İdiris Okuduci,Fuat Kabakcı
27 Mars 2022•Mise à jour: 27 Mars 2022
AA / Doha, Qatar / Idiris Okuduci et Fuat Kabakci
Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré qu'il espérait que la guerre en Ukraine, qui dure depuis un mois, prendrait fin le plus tôt possible. Il a souligné, dimanche, la nécessité d'une nouvelle architecture de sécurité dans le monde.
"Nous essayons tous de faire en sorte que cette guerre prenne fin le plus tôt possible, (et) il conviendrait qu'une nouvelle architecture de sécurité soit élaborée à l'échelle mondiale", a déclaré Ibrahim Kalin lors du Forum Doha 2022 au Qatar.
"La manière dont cette architecture de sécurité sera façonnée (et) structurée déterminera en fait le cours des événements dans les décennies à venir", a-t-il déclaré lors d'un panel sur les "implications géopolitiques de la guerre Russie-Ukraine sur le Moyen-Orient".
Affirmant que chaque étape et démarche pour mettre fin à la guerre aura un impact sur la façon dont l'architecture de sécurité sera façonnée, il a ajouté :
"La Russie ne va pas disparaître en tant que pays, la Russie restera là, le bloc occidental aussi. L'Ukraine restera un pays souverain indépendant avec sa propre intégrité territoriale, et nous sommes tous d'accord pour faire de sorte que cela soit le cas. Mais les efforts de médiation et les autres efforts visant à mettre un terme à cette guerre seront essentiels pour façonner cette nouvelle architecture de sécurité. C'est pourquoi nous devons être très prudents à chaque étape."
Le porte-parole de la présidence turque a affirmé que ce qui a conduit à cette crise et à d'autres doit être soigneusement étudié, précisant : "Le pouvoir, cet équilibre qui a façonné l'ordre mondial, depuis la fin de la guerre froide, a en fait joué un rôle important, au cours des trois dernières décennies, dans l'émergence de cette crise, et malheureusement, de cette guerre que nous nous efforçons tous d'arrêter en ce moment."
Il a par ailleurs affirmé que l'énergie sera à nouveau la clé des prochaines décennies et que la géopolitique énergétique devra changer après la guerre, ajoutant qu'à long terme, l'augmentation de la production de pétrole ou de gaz ne suffira pas à résoudre le problème.
** Les efforts de médiation de la Turquie
Concernant les efforts déployés par la Turquie en matière de médiation entre la Russie et l'Ukraine, Kalin a déclaré : "C'est avec cette approche que nous avons gardé nos lignes de communication ouvertes avec la Russie et l'Ukraine. Nous entretenons globalement de bonnes relations avec les deux pays."
Le porte-parole de la présidence turque a expliqué qu'il y a un certain nombre de questions sur lesquelles la Turquie est en désaccord avec la Russie, comme en Syrie et en Libye, mais que la Turquie a également été en mesure de développer une relation de travail avec Moscou, dans le cadre de laquelle elle a géré ces désaccords afin de favoriser les opérations sur le terrain.
"En Syrie, nous sommes probablement la seule force de contrepoids contre le régime soutenu par les forces russes sur place. Il faut garder à l'esprit la situation à Idleb, où environ 3 millions de personnes sont confinées dans cette petite partie de la Syrie", a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : "La Turquie contribue à empêcher la prochaine crise liée à l'afflux de réfugiés en provenance de Syrie. Et je pense que tous, en particulier nos partenaires occidentaux, devraient être reconnaissants envers la Turquie et la présence militaire turque dans le nord de la Syrie."
Les pays occidentaux ont critiqué les opérations de sécurité menées par la Turquie au-delà de la frontière nord de la Syrie au cours des dernières années, mais les responsables turcs ont souligné que le pays avait réussi à neutraliser la menace terroriste et à sécuriser la région pour ses habitants.
** Nouvelle architecture de sécurité après la guerre en Ukraine
Ibrahim Kalin a déclaré que la diplomatie sera essentielle pour mettre fin à la guerre en Ukraine : "À long terme, alors que nous progressons vers l'après-guerre en Ukraine, nous penserons tous à cette nouvelle architecture de sécurité."
"Nous devons garder à l'esprit que si tout le monde coupe les ponts avec la Russie, il n'y aura finalement plus personne pour leur parler !", a-t-il ajouté.
Et de conclure : "Nous faisons évidemment de notre mieux dans ce sens. Notre président s'est entretenu à deux reprises avec le président (Vladimir) Poutine et le président ukrainien (Volodymyr) Zelensky, et il s'entretiendra à nouveau avec le président Poutine dans les prochains jours. Nous devons tous travailler dur pour créer un environnement dans lequel les deux parties se sentent suffisamment en sécurité et à l'aise pour s'asseoir à la table des négociations."
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj