Enes Kaplan,Tuncay Çakmak
11 Septembre 2018•Mise à jour: 12 Septembre 2018
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a estimé que la décision américaine de fermer le bureau de représentation de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington, reflète l’approche inquiétante de l’administration américaine au sujet de la Palestine et de la paix dans la région.
Kalin a tenu, mardi, une conférence de presse en marge de la réunion du cabinet présidentiel, présidée par le Président de la République, Recep Tayyip Erdogan.
Après avoir passé un message rassurant au sujet de la situation économique de la Turquie, le porte-parole s’est exprimé sur les évolutions en Syrie et au Moyen-Orient.
"Il n'y a aucune panique vis-à-vis de l'économie turque. Nous sommes sûrs que cette période de turbulences sera au plus vite surmontée", a-t-il d’abord assuré sur le point économique.
Concernant le Moyen-Orient, Ibrahim Kalin a voulu condamner la décision des Etats-Unis portant sur la fermeture du bureau de l’OLP.
"Cela montre que l'administration américaine a une position inquiétante concernant la Palestine et le Moyen-Orient", a-t-il affirmé.
Avant de poursuivre : « Il n'est pas acceptable que la population palestinienne, qui vit sous occupation, doit une nouvelle fois faire face à une isolation ou un embargo. Le fait que la population palestinienne soit traitée comme des 'parias' sur ses propres terres blesse au plus profond l'opinion internationale."
Par ailleurs, Kalin a appelé à une solution durable qui inclut l’ensemble des fractions palestiniennes.
"Une solution qui ne prend pas en compte la volonté du peuple palestinien dans sa totalité ne sera jamais une solution", a-t-il assuré.
Kalin a ensuite répondu aux questions relatives aux évolutions à Idleb, province du nord-ouest de la Syrie prise pour cible par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés russes.
Il a d’abord voulu rappeler que la Turquie, notamment par les efforts de son Président de la République, cherche à éviter un "bain de sang" à Idleb.
"Au sommet de Téhéran la semaine dernière, notre président à appeler la Russie et l’Iran, mais aussi le monde entier, à empêcher les attaques contre Idleb, qui ne se limiteront pas par une gigantesque catastrophe humanitaire, mais qui auront aussi de graves conséquences politiques et diplomatiques", a-t-il expliqué.
"Les attaques contre Idleb dynamitent avant tout les processus politiques pour une solution en Syrie et fragilisent sérieusement la confiance", a-t-il ensuite affirmé.
Kalin a rappelé que la Turquie, qui accueille depuis plusieurs années plus de 3,5 millions de réfugiés syriens, n’est pas en mesure d’en accueillir des millions d’autres qui fuiraient Idleb.
Le porte-parole de la présidence turque a également condamné les propos de certains pays occidentaux, en premier les Etats-Unis, qui menacent d’intervenir en Syrie en cas d’utilisation d’armes chimiques.
"Mais 99% des morts sont victimes d’armes conventionnelles ! On ne peut pas accepter une approche qui légitime les massacres par des armes conventionnelles", a-t-il déclaré.
"Notre appel au monde entier, aux USA, aux pays de la région, est d'oeuvrer en coordination pour stopper une probable attaque contre Idleb", a-t-il terminé.