Sefa Mutlu,Halil İbrahim Başer,Nur Asena GÜLSOY
18 Octobre 2017•Mise à jour: 19 Octobre 2017
AA – Istanbul – Nur Gülsoy
"La vague de division d'un pays au Moyen-Orient risque de contaminer ses voisins aussi", a lancé, mercredi, le porte-parole de la Présidence de la République de Turquie, Ibrahim Kalin.
Le porte-parole a prononcé un discours au cours du "TRT World Forum", organisé mercredi à Istanbul.
Rappelant que le District du Nord de l'Irak a décidé d'organiser, unilatéralement, un référendum de sécession, Kalin a affirmé: «Les politiques appliquées par la Turquie dans la région ne visent pas à sanctionner les Kurdes".
"Notre but est de préserver l'intégrité territoriale et l'unité et la souveraineté politiques de l'Irak. Car si ça [la vague de séparation] commence dans un endroit, on ne peut pas prévoir où ça se terminera", a-t-il poursuivi.
"Le prochain endroit risquerait d'être la Syrie. Peut être que les zones contrôlées par les organisations terroristes PYD, YPG, réclameront l'indépendance et réfuteront le régime syrien. Peut être que le Liban, le Yémen seront contaminés aussi. Cela n'a pas de fin. Si vous permettez la division d'un pays, vous ne saurez pas jusqu'où ça ira", relevé Kalin.
Pour Kalin, on vit dans l'ère d' «effet papillon» où un événement survenu dans un coin du monde, peut affecter l'autre.
Ainsi, il est très normal que la Turquie prenne des mesures à la frontière avec la Syrie, pour protéger son territoire et ses citoyens.
«En réalité, le monde islamique dispose des moyens pour résoudre ses propres problèmes, a-t-il affirmé. Mais est-ce qu'on les utilise pour qu'ils contribuent au progrès du pays? Malheureusement, non."
Selon le porte-parole de la Présidence, le Moyen-Orient est un "membre du système mondial injuste, qui a perdu sa fonctionnalité".
«Les États au bord de la chute sont dans un tel état que les acteurs non étatiques attendent pour saisir l'opportunité, et ainsi, aggravent le chaos, a-t-il lancé. Il faut discuter de cela. Si on permet que cette situation perdure, les acteurs non-étatiques continueront à déterminer l'avenir de la région.»
Kalin a en outre insisté que le Printemps Arabe «n'est pas mort encore», soulignant, dans ce cadre, le rôle du fondateur du Mouvement tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi.
«Nous avons besoin de leaders comme Ghannouchi. Réclamer la justice, l'égalité, la liberté et une vie digne s'est terminé par une catastrophe. Car le système international n'était pas prêt à tolérer cela. Ils ont remarqué que s'ils le permettent, le Printemps Arabe changera tous les dynamiques et les principes. Mais cela ne signifie pas que les idées qui ont inspiré [le Printemps] se sont fanées. Elles attendent leur tour pour être exprimées de nouveau, sans violence et de manière démocratique.», a-t-il conclu.