Sefa Mutlu
07 Février 2016•Mise à jour: 07 Février 2016
AA - Istanbul - Ayse Betul Gedikoglu
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a affirmé que la question des réfugiés ne peut être uniquement abordée sur le plan pécuniaire, comme s'il s'agissait d'un bien marchand.
Kurtulmus, a participé, samedi, au programme de clôture du projet "d’hygiène bucco-dentaire de 47 000 enfants syriens", en l’honneur de Deah Barakat, jeune étudiant en chirurgie dentaire, qui avait été tué, l'année dernière, aux Etats-Unis.
Le projet a été réalisé en collaboration avec l’association turque des dentistes idéalistes, l’association de solidarité des Femmes du secteur paramédical et la Direction turque des catastrophes naturelles et des situations d’urgence (AFAD).
Kurtulmus a évoqué le cas de Deah Barakat pour attirer l’attention sur le point où en est arrivé l’islamophobie, dans le monde.
"La communauté mondiale avait préféré ignorer ce crime. Ce fait a permis de mettre en avant la situation dangereuse où en est arrivé la question des réfugiés syriens", a-t-il annoncé.
"La Turquie a ouvert ses portes aux réfugiés syriens depuis avril 2011. Actuellement, nous accueillons près de 2,7 millions de réfugiés syriens et environ 300 000 réfugiés irakiens, pour lesquelles nous avons dépensé jusqu'à aujourd'hui plus de 8 milliards de dollars", a-t-il souligné.
Après avoir indiqué que la question des réfugiés a été une réussite pour la Turquie mais un échec pour le monde, Kurtulmus a déploré que l’avenir des réfugiés soit seulement discuté sur le plan matériel.
"La Turquie n’a besoin de l’aide financière de quiconque, a-t-il lancé. Nous apportons notre soutien à nos frères syriens, grâce aux contributions de nos frères sensibles comme vous [ les associations ayant réalisé le projet], et à la puissance de l’Etat turc. Nous n’avons pas besoin de traiter la question des réfugiés syriens sur le plan pécuniaire, comme s'il s'agissait d'une marchandise», a-t-il tenu à préciser.
Deah Barakat, 23 ans, son épouse Yusor Mohammad Abu-Salha, 21 ans, et la sœur de celle-ci, Razan Mohammad Abu-Salha, 19 ans, avaient été abattus le 10 février 2015, à leur domicile, situé à Chapel Hill en Caroline du Nord, aux Etats-Unis.