Necip Fazil Celik,Saida Charafeddine
13 Octobre 2015•Mise à jour: 14 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Ministère turc des Sciences, de l’Industrie et des Technologies, Fikri Isik, a déclaré, mardi, que l’attentat d’Ankara peut être l’œuvre conjointe de plusieurs organisations.
Isık était l’invité des éditorialistes de l’Agence Anadolu.
«Il peut s’agir de l’action d’une seule organisation, a-t-il dit. Ou de plusieurs organisations en même temps. Dans ce genre d’affaires, il ne faut pas aller vers la facilité ou être trop complotistes. Il se peut même que certains milieux aient commandité cette attaque. Nous devons étudier chaque piste.»
Le ministre a indiqué que l’objectif du terrorisme est de combattre le système démocratique d’un pays et que dans les pays où la démocratie est forte, les terroristes ne peuvent pas trouver d’espace pour réaliser leurs actions.
«Les politiques aussi doivent privilégier un discours qui renforce la démocratie et la scène politique, a-t-il poursuivi. Le leader du Parti Démocratique des Peuples (HDP), Selahattin Demirtas fait le jeu des terroristes en utilisant des propos tels que ‘Etat assassin’. Dans ce genre de cas, il faut au contraire condamner toutes formes de terrorisme et renforcer notre unité nationale. Il sert les objectifs de ceux qui ont réalisé cet attentat. C’est inacceptable.»
Fikri Isik a regretté que les partis politiques représentés au parlement ne répondent pas positivement aux appels du Premier ministre pour une déclaration commune contre le terrorisme.
«Seul le président du Parti Républicain du Peuple (CHP), Kemal Kilicdaroglu, a accepté l’invitation de notre Premier ministre, a-t-il poursuivi. Mais ses déclarations après l’entretien sont décevantes. L’opposition cherche à renforcer les effets de ce drame, comme s'ils défendaient les mêmes positions que les auteurs de cette attaque. La réaction des citoyens est plus équilibrée que celles de la classe politique. Ils veulent renforcer l’unité et la fraternité dans notre pays.»
Selon le ministre, l’opposition, particulièrement le HDP, n’a pas su se saisir de l’opportunité offerte par le scrutin du 7 juin.
«Si le HDP avait agit de manière plus judicieuse, ça aurait été bénéfique pour la Turquie, a-t-il dit. Ce parti avait obtenu un bon résultat. Mais il a préféré se mettre au côté des terroristes, espérant obtenir profit de l’instabilité politique. Ce n’est pas en répétant 'Paix, Paix' qu’on devient un défenseur de la paix. Il faut d’abord condamner toute forme de terrorisme. Il faut lutter de manière démocratique contre le terrorisme. Ceux qui ne font pas cela n’ont pas le droit de parler de paix.»
Le ministre de l’Industrie a par ailleurs fait d’importantes déclarations sur les travaux en vue de construire et de produire une automobile «nationale».
«Nous avons produit trois prototypes, a-t-il dit. Nous allons produire 30 à 40 véhicules que nous allons tester sur tous types de terrains en 2016. Nous projetons de commencer à produire en série un véhicule d’ici la fin 2019. Si nous ne rencontrons aucun problème, nous pensons pouvoir proposer à nos citoyens une voiture de marque turque en 2020.»
Isik a indiqué que les travaux de recherche sont en cours sur plusieurs modèles et prototypes pour qu’en 2020, une voiture soit proposée avec au moins 90% de composants totalement turcs.
Le ministre Isik a estimé que si au lendemain des élections législatives du 1er novembre la stabilité politique revient en Turquie, il est fort probable que l’objectif de croissance de 4% soit atteint en 2016, et même qu’il puisse se rapprocher de 5%.