AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie ne prend pas au sérieux la résolution du Parlement européen qui "massacre l'histoire et le droit", a-t-on déclaré au ministère turc des Affaires étrangères, dans un communiqué diffusé mercredi.
Plus tôt dans la journée de mercredi, le Parlement européen a adopté une résolution non contraignante mais symbolique, avec 351 voix contre 269, en faveur des allégations arméniennes.
"Le Parlement européen apprécie le message qu'a délivré le Pape François le 12 avril à l'occasion du centenaire du génocide arménien, dans un esprit de paix et de réconciliation", lit-on dans cette déclaration qui qualifie de "génocide" les événements de 1915.
Connu pour ses tentatives de saper le développement des relations entre la Turquie et l'Union européenne (UE), le Parlement européen s'est mis à réécrire l'histoire, a soutenu la diplomatie turque.
"Nous ne prenons absolument pas au sérieux ce document qui massacre l'histoire et le droit", lit-on dans le communiqué.
D'après la diplomatie turque, l'approche sélective et unilatérale du Parlement européen non seulement contredit ses valeurs fondamentales, mais peut également nuir à la relation Turquie-UE, et rester bien loin de résoudre le problème entre l'Arménie et la Turquie.
Les allégations arméniennes sur les événements de 1915 font l'objet de plusieurs débats, surtout à l'approche du 24 avril, date marquant, pour les Arméniens, le centenaire de ces événements.
Une messe avait été organisée dimanche dernier à la basilique Saint-Pierre à Rome, "à la mémoire des Arméniens qui ont perdu la vie en 1915" en présence du président arménien Serge Sarkissian.
Le Pape François avait déclaré durant cette messe que "l'humanité a connu trois grandes tragédies au siècle dernier, dont celle considérée comme le premier génocide du XXème siècle, et qui a visé (...) les Arméniens."
Les dirigeants de l'Etat turcs ont qualifié ces propos de "nuls et non avenus".
Le porte-parole du Vatican Federico Lombardi a déclaré, par la suite, que le Pape ne souhaitait pas susciter la polémique.