AA - Ankara - Nur Gülsoy
La réponse aux terroristes doit se faire dans le cadre légal, et non pas par des actes de vandalisme, a déclaré le vice-Premier ministre turc Yalcin Akdogan, invité à la Table des Editeurs de l'Agence Anadolu, mercredi.
Akdogan a commenté le contexte actuel en Turquie, à savoir la lutte contre le terrorisme et les manifestations organisées par le peuple dans plusieurs provinces contre les actes terroristes.
"Il n'est pas acceptable que des manifestants attaquent les bureaux des partis politiques, c'est du vandalisme, a déclaré Yalcin Akdogan. La réponse aux terroristes doit se faire dans le cadre légal. La lutte contre le terrorisme nécessite patience et détermination. Il faut rester vigilant devant la désinformation venant des organisations terroristes. C'est pourquoi il faut se fier aux seules informations provenant de sources officielles pour ne pas tomber dans le piège des provocateurs."
Lors des manifestations, certains groupes ont attaqué des bureaux de partis politiques, ainsi que des quotidiens.
Le vice-Premier ministre a appelé à "condamner sincèrement les attaques contre les bâtiments de tous les partis politiques", et ne pas avoir une attitude de deux poids et deux mesures.
Il a aussi mis en garde certains médias contre le risque de devenir les portes-paroles des terroristes à force d'éviter de "dire terroristes, terrorisme et de ne pas dénoncer les collaborateurs des terroristes, ils s'en prennent au gouvernement. C'est de l'irresponsabilité. C'est soutenir indirectement les terroristes" a-t-il dit.
"Se taire devant l'arme de l'organisation terroriste, n'est pas du journalisme, selon Akdogan. L'organisation et ceux qui la soutiennent ne peuvent pas faire oublier le sang versé avec des débats portant sur la présidence de la République."
Pour Akdogan, "ces opérations [militaires en Turquie] ne sont pas une cause mais une conséquence. C'est le résultat des attaques sanglantes commises après les appels de l'organisation [PKK] à la révolte."
Le vice-Premier ministre a noté que "l'organisation parallèle a une place importante parmi les collaborateurs internes", et a poursuivi: "Nous détruirons cette alliance de trahison. De ce fait, la lutte simultanée contre le PKK et l'organisation parallèle est importante. L'organisation parallèle a joué un rôle actif dans la faiblesse sécuritaire et le sabotage du processus [de résolution]."
Le processus de résolution a été lancé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le PKK, classé "organisation terroriste". Le gouvernement a promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde.
Akdogan a aussi critiqué le HDP, qui est parmi ceux qui "accusent sans honte le gouvernement et l'Etat d'avoir déclenché la guerre, alors qu'il ne s'agit pas d'une guerre, mais d'un massacre de notre peuple par une organisation terroriste. L'organisation, dont le HDP est le prolongement, massacre nos enfants. En fin de compte, le HDP s'est attaché à son propre bourreau. Il soutient ouvertement les terroristes du PKK et agit comme leur branche politique."
Les attaques commises dimanche à Daglica (région dans la province de Hakkari, sud-est), et mardi à Igdir (est) ont fait au total 29 victimes parmi les agents de sécurité.