Ayşe Aktaş,Zehra Ulucak,Murat Karadağ,Tuncay Çakmak
20 Août 2016•Mise à jour: 21 Août 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré que la Turquie, qui soutient activement la guerre contre Daech, est en droit d’attendre plus de solidarité de la part de ses amis et de ses alliés dans son combat contre les organisations terroristes PKK et FETO.
Kalin a rédigé une tribune pour le quotidien turc anglophone Daily Sabah, intitulée «Personne n’est en sécurité tant que tout le monde n’est pas en sécurité».
«Après la menace du coup d’Etat du 15 juillet, la Turquie est désormais confrontée à la menace terroriste de FETO, du PKK et de Daech», a-t-il expliqué.
Pour Kalin, le soutien des pays alliés et amis de la Turquie doivent faire preuve de plus de solidarité avec la Turquie.
«La sécurité de la Turquie, c’est la clé de leur propre sécurité. L’un des plus importants apprentissages de l’hyper modernisation et de la globalisation, c’est le fait que la sécurité des uns passe par la sécurité de tous», a-t-il estimé.
Kalin a rappelé que la Turquie fait face au terrorisme du PKK depuis des dizaines d’années.
Il évoque les erreurs politiques du passé comme causes de la naissance de ce groupe terrorisme et du nationalisme kurde.
«Sous le leadership du président Recep Tayyip Erdogan alors Premier ministre, de nombreuses réformes démocratiques et des pas courageux ont été menés pour mettre fin aux affrontements armés. L’identité kurde a été reconnue et les investissements publics dans les régions de l’Est et du Sud-Est ont été décuplés. Le processus de résolution a été lancé. Mais au lieu d’abandonner les armes, le PKK a repris les actions armées et a attaqué les villes», a expliqué Ibrahim Kalin.
Il a également rappelé qu’après cela, le Parti Démocratique des Peuples (HDP) n’a jamais condamné les attentats du PKK, agissant au contraire comme son porte-parole.
«Il est évident que l’objectif du PKK n’est pas de résoudre la question kurde, mais plutôt de poursuivre son existence en tant qu’organisation terroriste. Aucune démocratie ne peut tolérer l’existence d’une organisation terroriste armée alors qu’elle recherche une solution politique pacifique à un problème», a-t-il encore dit.
«Le PKK et sa branche politique ne se préoccupent pas des besoins des citoyens kurdes. Cette semaine seulement, de nombreux policiers et civils ont été tués dans des attentats à Van, Diyarbakir, Elazig et Bitlis», a-t-il rappelé.
Kalin a ensuite lancé un appel aux pays européens et aux Etats-Unis, leur demandant d’arrêter de considérer le PKK comme une «organisation non-gouvernementale sympathique» mais comme une dangereuse et meurtrière organisation terroriste.
«Le PKK ne doit plus être autorisé à mener ses activités de propagande et de financement dans les villes européennes. Le soutien du PYD et du YPG, branches syriennes du PKK, est une grave erreur stratégique. Le PKK se sert du chaos en Syrie pour se renforcer et se développer», a-t-il affirmé.
Le porte-parole de la Présidence turque est ensuite revenu sur la crise en Syrie.
Il a estimé que tant que la guerre se poursuivra, le régime de Bachar al-Assad continuera de bombarder sans distinctions femmes, enfants et civils.
«Chaque jour nous découvrons de nouvelles images des massacres en Syrie, mais le silence du monde est honteux. Les deux monstres de la guerre en Syrie que sont le régime et Daech, s’alimentent mutuellement. Daech ne disparaÏtra pas tant que la guerre se poursuivra, et le seul moyen de mettre fin à cette guerre, c’est le départ de Bachar al-Assad»,a-t-il poursuivi.
Kalin en a profité pour critiquer la posture de certains pays dans le combat contre Daech.
«Certains pays européens nous ont reproché de ne pas arrêter les membres de Daech, alors qu’ils ne nous ont pas transmis les informations nécessaires pour intercepter ces personnes venant de leurs pays. Comment faire sans partage d’informations ?», a-t-il dénoncé.