Filyo Kongo, Ümit Dönmez
22 Février 2020•Mise à jour: 24 Février 2020
AA - Ankara
La Turquie a reçu le prix 2020 de l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM) pour le travail qu'elle accomplit dans la gestion flux massifs de migrants dans la région, lors de la 14ème Assemblée plénière réunie à Athènes.
Au cours de la réunion, la Direction pour la Gestion de la migration, du ministère turc de l'Intérieur, a été félicitée pour ses efforts et ses accomplissements.
Le Président de la Commission pour l'APM de la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM, Parlement) et député du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) pour Antalya (sud de la Turquie), Atay Uslu, ainsi que le député de l'AK Parti pour Sanliurfa (sud-est de la Turquie), Halil Ozsavli, et le député du Parti républicain du peuple (CHP) pour Kahramanmaras (sud-est de la Turquie), Ali Oztunc, ont pris part à l'assemblée.
Après la réunion de l'APM, Uslu, a annoncé aux journalistes que la Turquie avait remporté le prix 2020 pour son travail sur l'immigration, dont l'Assemblée a loué les mérites.
Uslu a déclaré avoir reçu le prix au nom de la nation et a ajouté : "Aujourd'hui, l'APM, et l'humanité applaudissent et remercient la Turquie pour son accueil des demandeurs d'asile et des migrants, mais maintenant sur cette question, nous voulons également pouvoir applaudir le reste du monde."
Déclarant que les organisations internationales ont des responsabilités à l'égard des migrants, Uslu a fait état de son attente que ces responsabilités soient remplies.
Rappelant que des gens sont morts en Méditerranée et en mer Égée, Uslu a déploré : "Regardez, les bébés, les gens meurent en Méditerranée. Les mers sont polluées, les poissons s'échouent sur le rivage, maintenant les consciences sont polluées. Les bébés, les bébés Aylan, les bébés Umran s'échouent, eux aussi, sur le rivage. Le monde est responsable de la mort de ces bébés. On ne doit pas être silencieux quand les bébés meurent, le silence c'est quand on dort."
Uslu, a déploré le manque de soutien international à la Turquie dans ses efforts pour les migrants.
Il a également rappelé que la Turquie veut la paix en Syrie.
"Nous voulons un processus de paix à Idleb, nous voulons que les civils ne meurent pas, a-t-il poursuivi. Nous faisons des pas dans cette direction, nous voulons que la zone de sécurité soit établie et que les Syriens retournent volontairement dans leur pays. Nous continuerons à faire notre part des choses. Nous souhaitons que les enfants ne meurent pas, nous ne voulons pas que les gens quittent leur foyer."
Uslu, faisant référence à une déclaration récente du Haut Commissaire aux Réfugiés des Nations unies, Filippo Grandi demandant que la Turquie accueille plus de réfugiés syriens, a déclaré : "La tâche du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés n'est pas de compter les réfugiés décédés en Méditerranée, mais de faire des efforts pour éviter que des personnes ne meurent en Méditerranée. Nous les invitons à appliquer la Convention de Genève et à veiller à ce que les enfants et les immigrants ne meurent pas."
Notant que la Grèce et d'autres pays européens se comportaient de façon très généreuse en acceptant les terroristes FETO fuyant la Justice turque, Uslu a continué ainsi : "Ils disent qu'ils appliquent le droit d'asile, alors qu'ils accueillent des membres de l'organisation terroriste, qui ont voulu porter un coup fatal à la souveraineté démocratique. Si c'est ainsi, pourquoi n'accueillez-vous pas les réfugiés ayant fui le Régime d'al-Assad, ou [les groupes terroristes dont] le PKK, le PYD, le DHKP-C? Puisqu'ils appliquent le droit d'asile, pourquoi ne l'appliquent-ils pas dans ces cas? Non pour les réfugiés, mais oui pour les terroristes. C'est l'hypocrisie de l'Europe et de la Grèce, et nous voulons l'exprimer clairement."
La Turquie accueille plus de 4,2 millions de réfugiés, dont 3,7 millions de réfugiés syriens.
Le pays au croisement de trois continents, est le principal pays de passage des migrants voulant rejoindre l'Europe pour débuter une nouvelle vie, après avoir fui la misère et la violence dans leurs pays d'origine.
Plus de 454 000 migrants ont été interceptés en Turquie en 2019 alors que ce chiffre était de 268 000 l'année précédente.
Plus de 60 000 personnes ont été interceptées l'année dernière par les forces de sécurité turques en mer Méditerranée et en Égée alors qu'elles tentaient de rejoindre l'Europe.