AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''En notre qualité d'acteur qui détermine les politiques, nous allons entreprendre toute mesure nécessaire sans exclure aucune configuration'', a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
S'adressant jeudi aux présidents provinciaux de son parti, Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), Davutoglu est revenu sur les configurations politiques possibles pour un nouveau gouvernement, dès lors qu'aucun gouvernement majoritaire ne s'est dégagé des élections législatives tenues dimanche dernier.
''L'AK Parti est le garant de la stabilité et de la paix en Turquie'', a martelé Davutoglu insistant sur le fait que son parti, arrivant premier dans les élections en recueillant plus de 40% des voix, devra être l'acteur principal de toute formation d'un nouveau gouvernement.
''Tout le monde devra lire correctement les résultats des élections, a-t-il ainsi noté. Nous allons à la fois évaluer l'avenir politique de la Turquie et débattre de la place de notre parti et de son leadership dans cet avenir.''
Rappelant que l'AK Parti est présent dans une grande majorité du pays, contrairement aux partis d'opposition, à l'instar du Parti républicain du peuple (CHP) ou encore le Parti démocratique des peuples (HDP), qui entre pour la première fois au Parlement, Davutoglu a affirmé, ''C'est l'AK Parti qui a le seul parti qui a la vocation de représenter l'ensemble de la Turquie, quelles que soient les statistiques ou les perspectives''.
Davutoglu a critiqué à cet égard le CHP qui s'est présenté comme ''le parti le plus chanceux'' dans la formation d'un nouveau gouvernement.
''Nos candidats n'ont pas accédé à la législature seulement depuis cinq villes, alors que le parti d'opposition principale est absent dans 37 villes, a insisté le Premier ministre. Monsieur Kilicdaroglu [Kemal Kilicdaroglu, président du CHP, ndlr] devra examiner la carte de Turquie, tenant compte du pourcentage de vote de son parti et de sa capacité de représentation. Un parti qui n'est pas représenté dans 37 villes ne peut pas prétendre à gouverner le pays.''
Davutoglu a par ailleurs mentionné que son parti maintient toujours son objectif de bâtir la ''nouvelle Turquie'', et ne s'efface pas du paysage politique du pays, contrairement à ce que réclament, selon lui, certains médias.
''Ceux qui se précipitent pour annoncer que 'l'époque de l'AK Parti est terminée' doivent réaliser que selon les résultats des élections, le paysage politique turc ne peut pas se passer de l'AK Parti. L'AK Parti continuera à diriger et à influencer la politique turque demain, dans le futur proche et à long terme'', a confié le Premier ministre.
''Notre objectif, c'est d'ériger la nouvelle Turquie, à commencer par imposer un renouveau au sein de l'AK Parti, tenant compte des erreurs et des manques éventuels'', a-t-il poursuivi.
Davutoglu s'est aussi indigné contre l'annonce des configurations politiques, tant au plan national qu'international, qui excluent d'ores et déjà l'AK Parti du gouvernement.
''Il est essentiel que l'AK Parti continue à être le parti central de Turquie pour préserver les intérêts du pays. Nous n'allons pas permettre que l'on façonne une nouvelle configuration politique pour la Turquie, à huis clos ou dans d'autres capitales étrangères'', a-t-il souligné.
''Toute configuration politique qui exclut l'AK Parti, même si cela est hors de question, entraînera une gouvernance basée sur les divisions ethniques et confessionnelles'', a affirmé Davutoglu.