AA - Izmir (Turquie) - Tuncay Çakmak
Le co-président du Parti Démocratique des Peuples (HDP), Selahattin Demirtas, a appelé, samedi, le PKK à abandonner les armes et cesser toute attaque en Turquie.
Demirtas s’est exprimé devant un parterre de journalistes dans une salle de congrès à Izmir (Ouest).
«Non pas demain, mais à cette heure même, depuis Izmir, j’appelle le PKK à immédiatement abandonner sans conditions les armes, à arrêter les attentats à la bombe, à stopper la violence dans les villes et dans les montagnes, a-t-il déclaré. Les morts doivent cesser. Pour nous, il n’y a pas d’autres alternatives. Il n’y a pas de ‘mais’.»
On ne peut pas faire payer à la police ou aux soldats les erreurs du gouvernement du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), a estimé Demirtas.
«Tous sont des enfants de ce pays, ce sont nos enfants, a-t-il poursuivi. Nous n’autoriserons pas que l’AK Parti tente de camoufler ses erreurs en menant une guerre.»
D’autre part, Demirtas a présagé que lors des prochaines élections anticipées, les partis en faveur de la paix sortiront vainqueurs, et qu’en conséquence, l’AK Parti en ressortira encore plus affaiblie.
En réponse à une question concernant certains maires du sud-est de la Turquie qui annoncent une « indépendance » de leurs municipalités, Demirtas s’est désolidarisé, affirmant que son parti n'entretient aucun lien avec ces maires.
«Nous ne pensons pas que la démocratie locale peut se développer de cette manière ou par les armes, a-t-il expliqué. Ce que nous demandons c’est un renforcement des pouvoirs locaux, non un rejet de l’Etat.»
De plus, le leader du HDP a affirmé que son parti, en prenant part à un gouvernement électoral, ne formera pas de coalition avec l’AK Parti.
«Ce n’est pas une coalition gouvernementale, a-t-il assuré. C’est une formule gouvernementale constitutionnelle qui va mener le pays à des élections anticipées. Selon nos résultats, nous devrons être représentés à hauteur de trois ministres dans ce gouvernement. Ainsi, nous empêcherons l’AK Parti de nous imposer un ordre du jour guerrier.»