AA - Besançon - Ümit Dönmez
L'impopularité persistante du groupe terroriste PKK/YPG, ainsi que son recul constaté sur le terrain, n'ont pas empêché ce dernier à recourir à l'enrôlement de mineurs, notamment en Europe, selon des experts interrogés par l'Agence Anadolu.
Les opérations antiterroristes des Forces armées turques (TSK), menées au cours de cette année, ont permis de neutraliser 1359 terroristes sur le territoire turc, ainsi que dans le nord de la Syrie et de l'Irak, selon une déclaration du ministre turc de la Défense nationale, Hulusi Akar, le 11 mai.
S'agissant de nouvelles recrues de l'organisation terroriste, le ministère turc de l'Intérieur a annoncé le 5 mai que "le nombre de personnes ayant rejoint l'organisation séparatiste PKK n'a été que 13 depuis le début de l'année", précisant qu'il "s'agit d'une faiblesse record".
Afin d'assurer sa survie, le groupe terroriste PKK/YPG qui, au cours de sa campagne meurtrière de plusieurs décennies contre la Turquie, n'a pas réussi a se constituer une base populaire, a systématiquement eu recours à des méthodes de recrutement illégales et condamnées par les organisations internationales de défense des Droits de l'Homme.
- Mouvement des "Mères de Diyarbakir" : un événement révélateur
Le combat des "Mères de Diyarbakir" pour le retour de leurs enfants enlevés ou leurrés par l'organisation terroriste PKK/YPG, débuté le 3 septembre 2019, a su porter ces méthodes à la connaissance de l'opinion publique, nationale et internationale.
Ce mouvement de parents qui manifestent pour le retour de leurs enfants s'est progressivement étendu en Europe, et a mis en évidence que le groupe terroriste continuait de recruter sur le continent.
Rappelant l'exemple de certaines "Mères de Diyarbakir" manifestant en Allemagne, alors que leurs enfants ont étés enlevés ou leurrés dans les mois et années passées par le PKK/YPG, un expert contacté par l'Agence Anadolu, donne un aperçu des méthodes de l'organisation terroriste :
"L'organisation d’évènements à destination des jeunes, tels que les rencontres sportives, les activités culturelles, les cours de musique, figurent comme la première étape pour dispenser la propagande du groupe terroriste", explique Richard Yilmaz, ancien conseiller technique au ministère français de la Défense.
L'expert rappelle que les méthodes du PKK/YPG visant à leurrer de jeunes adolescents dans la spirale de la violence et du terrorisme, sont des outils destinés à établir "un contrôle total des membres et sympathisants".
Parmi les méthodes récurrentes dans la propagande de l'organisation terroriste, Yilmaz cite notamment l'emploi "d'images macabres et mensongères attribuées à l’armée turque", afin d'exploiter les émotions de ces adolescents, et de les recruter, plus tard, pour des activités terroristes contre les forces de sécurité de la Turquie.
"Les jeunes qui tombent dans le piège ne peuvent pas revenir en arrière car l’organisation terroriste menace la famille", explique l'expert, comme le confirment également, les témoignages des "Mères de Diyarbakir" rapportant les menaces qu'elles ont reçues.
- Ces méthodes reflètent l'impopularité du PKK/YPG
L'impopularité persistante du PKK/YPG, ainsi que son recul constaté sur le terrain, figurent parmi les facteurs poussant le groupe terroriste à enrôler des mineurs, selon des experts interrogés par l'Agence Anadolu.
L'historien Maxime Gauin estime que l'impopularité du groupe terroriste est la raison principale à l'emploi de telles méthodes :
"Le seul fait que le PKK recoure, surtout aussi massivement, à l'extorsion de fonds et au trafic de drogue, montre que sa base populaire est bien plus étroite qu'il ne le prétend", note Gauin.
"L'enlèvement d'enfants n'est qu'un aspect de ce manque de popularité et des conséquences que ces terroristes en tirent", explique-t-il.
Le ministère turc de l'Intérieur a annoncé le 5 mai que "le nombre de personnes ayant rejoint l'organisation séparatiste PKK n'a été que 13 depuis le début de l'année [2020]", précisant qu'il "s'agit d'une faiblesse record", mais ce chiffre n'intègre par le nombre des nouvelles recrues en Europe, notamment de ces jeunes adolescents leurrés ou enlevés par l'organisation terroriste.
Les responsables turcs, notamment le ministère des Affaires étrangères, expriment fréquemment leur regret, du manque de solidarité et coopération des États européens, face à la menace terroriste que combat la Turquie.
L’organisation terroriste PKK, qui mène une campagne terroriste depuis plusieurs décennies contre la Turquie, est responsable de la mort de plus de 40 000 personnes, dont un grand nombre de civils, notamment de femmes, d'enfants et de nourrissons. Le PKK est reconnu comme organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union européenne. Le YPG est la branche syrienne du groupe terroriste.