Etem Geylan,Sefa Mutlu,Tuncay Çakmak
21 Mars 2016•Mise à jour: 21 Mars 2016
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que Bachar al-Assad doit être jugé par la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye.
Le Président Erdogan a accueilli, dimanche soir, un panel de jeunes de tout le pays pour échanger avec eux sur l’actualité de la Turquie, de la région et du monde en général.
«Nous parlons d’une Syrie où près de 500 000 personnes ont été massacrées. Il y a un homme qui fait régner la cruauté et le terrorisme d’Etat, le terroriste al-Assad. Il devrait être jugé à La Haye mais la communauté internationale n’est pas encore prête pour ça», a-t-il expliqué.
Le président turc a très sévèrement critiqué le fait que le président syrien puisse encore «se promener tranquillement et être accueilli sur des tapis rouges à Moscou».
«Comment est-ce possible ? Ce pays [la Russie] n’est-il pas membre du Conseil de Sécurité (CS) des Nations Unies (ONU) ? C’est pour cela que je répète sans cesse que le monde est plus grand que cinq [allusion aux 5 pays permanents du CS de l’ONU].» a-t-il ajouté.
Erdogan a exprimé une nouvelle fois la nécessité de réformer l’ONU, organisation qui ne répond plus à la réalité d’aujourd’hui, selon lui.
Il s’est aussi exprimé sur la question des réfugiés syriens présents en Turquie.
«Parmi eux, il y a des médecins, des techniciens, des ingénieurs, et nous ne voulons pas qu’ils partent ailleurs, nous souhaitons qu’ils travaillent en Turquie. Nos ministères concernés travaillent sur ces questions, ils vont resencer ces cas et vont les faire gagner au marché du travail. Mais les non-qualifiés aussi vont pouvoir travailler dans notre pays. Et ensuite, ils pourront obtenir la nationalité turque», a dit Erdogan.
Sur les questions internationales, le Chef de l’Etat turc est aussi revenu sur le processus d’adhésion de son pays à l’Union Européenne (UE).
«Notre intégration à Schengen [exemption de visas] est un droit qui nous ai dû depuis très longtemps en réalité», a-t-il estimé, rappelant que «la Turquie est officiellement candidate depuis 1963. Mais depuis cette date, ils nous mettent toujours des bâtons dans les roues. Ils n’ont jamais été sincères et c’est encore le cas aujourd’hui.»
Erdogan a par ailleurs abordé la question de la lutte contre le terrorisme en Turquie.
«Nous allons poursuivre avec détermination et en aucun cas nous ne ferons des concessions», a-t-il déclaré.
Le président a de nouveau condamné les derniers attentats d’Ankara (13 mars) et d’Istanbul (19 mars).
«Dans ce dernier attentat, trois ressortissants israéliens et un iranien ont trouvé la mort. Ils étaient nos invités. J’ai donc présenter mes condoléances à mes homologues de ces deux pays, a-t-il rappelé.
Le Président turc a en outre annoncé que la rencontre de football entre Galatasaray et Fenerbahce prévue pour dimanche a été annulée pour des questions de sécurité. «Nous avions des informations sérieuses qui nous ont poussé à ne pas prendre de risque», a-t-il dit
Il a rappelé que le gouvernement avait développé et mis en application un processus de résolution qui a été « saboté » par l’organisation terroriste PKK et ses soutiens.
«Ils ont profité de notre bonne volonté pour s’armer et ensuite reprendre leurs activités terroristes. Nous avons de très longues frontières avec la Syrie, l’Irak et l’Iran. C’est par là qu’ils ont fait entrer toutes ces armes. C’est pourquoi ces opérations sécuritaires doivent se poursuivre», a-t-il affirmé.
Erdogan soutient que le PKK ne défendent pas la cause des Kurdes.
«Nous avons construit un aéroport à Hakkari (sud-est), ils l’ont bombardé. Est-ce ainsi qu’ils défendent les intérêts de mes frères kurdes ? En réalité, ils sont les ennemis des Kurdes.», a-t-il dit.
Erdogan a par ailleurs critiqué fortement le comportement des députés du Parti Démocratique des Peuples (HDP), qu’il accuse de soutenir le PKK.
«Comment des députés, sensés représenter le peuple, peuvent-ils se rendre aux obsèques d’un terroriste ? Il est temps que ces individus ne se cachent plus derrière l’armure de la politique et qu’ils rendent des comptes à la justice, c’est pourquoi il faut lever leur immunité. J’attends une décision importante du parlement et des partis de l’opposition dans ce sens.»
La question de la nouvelle constitution et l'adoption d'un régime présidentiel a aussi été débattue par le président et les jeunes.
«Si le parlement n’arrive pas à adopter une nouvelle constitution, j’espère qu’il y aura assez de députés qui voteront pour qu'un référendum soit tenu . Dans ce cas, je pense que mon peuple dirait OUI à cette nouvelle constitution, je lui fais confiance», a-t-il dit
Le Président turc est également revenu sur les performances économiques du pays depuis l’arrivée au pouvoir du Parti pour la Justice et le développement (AK Parti) en 2002.
«Nous allons poursuivre nos réformes économiques mais aussi démocratiques. Je suis confiant pour l’avenir de notre pays, il sera flamboyant», a-t-il affirmé.