AA/Brisbane/Equipe
Le Premier ministre turc, Mevlet Davutoglu, a critiqué le système des Nations Unies, le qualifiant de moins démocratique que celui du groupe des 20 (G20). Le système onusien doit englober tout le monde pour qu’il puisse être véritablement légitime, a-t-il estimé, expliquant que l’assemblée générale de l’ONU regroupe tous les Etats et ses décisions ne sont pas contraignantes, alors que celles du Conseil de Sécurité, qui regroupe un nombre nettement plus restreint de pays sont obligatoires avec, de surcroit, un droit de véto pour les cinq membres permanents. ‘’’Il y a de quoi réfléchir sur la légitimité du Conseil en effet’’, a-t-il souligné.
Intervenant à Brisbane dans le cadre du ‘’Congrès pour le renforcement du développement’’, organisé en marge du 19ème sommet du G20, prévu les 15 et 16 novembre, dans cette ville d’Australie, Davutoglu a estimé que le G20 est un groupe souple, ouvert notamment au niveau de l’ordre du jour.
Evoquant la nature des sujets abordés au sein du G20, le Premier ministre turc a précisé que vues de façon superficielle, certaines questions paraissent hors du champ d’intervention du groupe ou de son ordre du jour, mais en y regardant de près, elles sont importantes, citant, à cet égard, le problème des quatre millions de réfugiés syriens dans les pays voisins, dont plus d’un million et demi en Turquie. Selon Davutoglu, ce problème parait de prime abord, politique alors qu’en fait, il devient très vite humanitaire et ne touche pas, au final, seulement les pays frontaliers mais bien le monde entier.
Concernant la présidence Turc du G20, qui commencera le 1er décembre pour toute l’année 2015, Davutoglu a indiqué que la Turquie veillera à fixer un ordre du jour permanent ainsi que les principaux objectifs du groupe, ajoutant que son pays va œuvrer, autant que possible, à associer les pays à faibles revenus au G20 afin de rapprocher les uns des autres.
D’autre part, le premier ministre turc a souligné que l’emploi sera au premier rang des priorités du G20, rappelant que la Turquie a réussi à créer 6 millions d’emplois depuis la crise de 2008, dont 2 millions pour la seule année 2013. ‘’Parmi les autres priorités figurent le soutien aux Petites et Moyennes Entreprises, l’approvisionnement énergétique de tous ceux qui en ont besoin et les problèmes du changement climatique" a-t-il rppelé.
Revenant sur la question des pays à revenus faibles, Davutoglu a jugé indispensable leur intégration dans l’économie mondiale sous peine de voir les crises se succéder. D’ailleurs, a-t-il rappelé, ‘’je refuse le qualificatif de ‘pays moins développés’’.
Le Premier ministre turc a fait remarquer que le meilleur moyen de réaliser la paix est de mettre en place des ensembles économiques interdépendants, précisant que la Turquie a essayé de le faire au Moyen-Orient en annulant les visas de circulation avec le Liban, la Syrie et l’Irak et en créant une zone de libre échange avec l’Irak et la Syrie en 2010.
Le G20, ou groupe des vingt, se compose de dix-neuf pays et de l’Union Européenne représentant 90% du commerce mondial. Le groupe a été créé en 1999 sur fond de crises financières à répétition dans les années 90 du siècle dernier. L’objectif du G20 est de se concerter en vue de réguler l’économie mondiale et d’en améliorer les performances.