AA - Sirnak - Tuncay Çakmak
Les habitants du district de Cizre à Sirnak (Sud-est) se plaignent de la violence et des attaques du PKK dans leur ville.
Les terroristes se sont infiltrés dans la ville, notamment dans les quartiers de Nur, Cudi et Yafes, où ils ont creusé de nombreuses tranchées et installé des barricades piégées d’explosifs.
Les habitants de Cizre, sous haute tension depuis plus de trois mois et soumise à un couvre-feu temporaire, vivent sous la crainte des affrontements et sous les menaces du PKK.
La semaine dernière, Cizre était sous couvre-feu. Les forces de sécurité ont refermé 45 tranchées et déminé le terrain.
Lors des attaques des terroristes, deux civils sont morts et plusieurs autres ont été blessés.
Les pièges installés par les terroristes rendent l’accès des secours difficile.
Deux autres habitants, qui se rendaient à une mosquée pour s’approvisionner en eau ont été blessés par des tirs du PKK.
L’un d’eux, Mahmut Akcakaya, s’est exprimé, les yeux en larmes, au micro d’un correspondant de l’Agence Anadolu.
«De la même façon que nous ne sommes pas en sécurité dans la région, nous n’avons pas non plus la liberté d’exercer nos convictions religieuses, a-t-il dit. Ils nous empêchent de pratiquer notre religion. Les hommes barbus qui vont à la mosquée sont accusés d’appartenir à Daesh. Ceux qui s’opposent au PKK sont violemment menacés.»
Akcakaya dit que les habitants sont très effrayés par les terroristes et n’osent plus sortir à cause des mines et des explosifs installés dans les rues de Cizre.
«Alors que nous nous rendions à la mosquée, nous avons entendu des coups de feu, a-t-il poursuivi. J’ai été le premier touché. Puis c’est mon cousin qui a été blessé. On s’est immédiatement réfugié dans la maison de mon oncle où on a reçu les premiers soins. A cause du couvre-feu, on n’a pas pu se rendre à l’hôpital. Heureusement nos blessures ne sont pas très importantes. Les rues sont trop dangereuses, même s'il n’y avait pas de couvre-feu, les habitants ont peur de sortir.»
Les habitants affirment que depuis six mois ils sont sous la menace du PKK et qu’à cause des mines installées dans les rues de la ville ils ne peuvent plus sortir.
Seuls les plus riches ont pu fuir la ville.