AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré, mercredi, que le seul but du PKK est de diviser la Turquie.
S’exprimant devant une assemblée de maires de quartiers, le Président Erdogan a sévèrement critiqué l’organisation terroriste, qui poursuit une stratégie armée meurtrière, alors que de nombreuses réformes démocratiques et culturelles ont été réalisées depuis treize années.
«Malgré tout ce qui a été fait, pourquoi ces terroristes continuent-ils à tuer des jeunes soldats et policiers, a-t-il dit. Que veulent-ils de plus. Je vous le dis, ils veulent diviser notre pays.»
Profitant de l’occasion de s’adresser à des maires de quartiers majoritairement élus dans les villes du Sud-est de la Turquie, Erdogan a rappelé le bilan des réformes entreprises par les gouvernements ces dernières années.
«Ceux qui ont moins de 30 ans n’ont pas le souvenir des situations dans les années 70-90, a-t-il poursuivi. Nous avons connu tous ensemble la pauvreté et le besoin. Nous ne devons pas oublier tout cela. Aujourd’hui, nous sommes bien au-dessus de nos espoirs de l’époque. Il y a 13 ans, il existait 26 aéroports en Turquie, maintenant nous en avons 55. Nous avons investi en masse dans la région pour rattraper le retard économique et technologique par rapport au reste du pays. Malheureusement, malgré tout cela, ils ont recommencé à pousser le pays dans le chaos.»
Le Président Erdogan a indiqué que certains maires de quartiers de la région n’avaient pas pu venir à cette réunion, sous la menace du PKK.
Pour Erdogan, les maires de quartiers, comme le Président de la République, sont des élus du peuple, ils sont donc, pour ce motif, dans une position plus «élevée» que les personnes nommées.
«Dès notre arrivée au pouvoir, nous avons mis fin aux zones de sécurité extraordinaire, a-t-il poursuivi. Nous avons créé une chaîne de télévision diffusant 24h/24 en kurde. Nous l’avons fais pour les autres langues régionales aussi. Nous avons réalisé de très gros investissements. Mais malgré cela, ils ont repris les armes et commencé à tuer nos jeunes policiers et soldats.»
Pour le président de la République, certains, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, ne veulent pas que la Turquie se développe et devienne plus forte.
«Les terroristes attaquent les ambulances, les camions qui travaillent dans les grands projets de la région, brûlent des écoles, les centres de soins et les camions de pompiers, a-t-il dit. Le PKK vise d’abord les citoyens de la région. C’est pourquoi nos concitoyens, touchés par le terrorisme doivent se tenir au côté de l’Etat et rejeter le terrorisme. Ils doivent faire un choix : soutenir l’Etat ou soutenir les terroristes. Si des terroristes peuvent se promener tranquillement dans les villages de la région, cela veut dire que nos concitoyens ne font pas le nécessaire.»
Erdogan a également fustigé les représentants du Parti Démocratique des Peuples (HDP), qui demandent à l’Etat de baisser les armes.
«C’est le rôle de l’Etat de défendre les citoyens face aux terroristes, a-t-il indiqué. Ceux qui s’adossent aux terroristes trahissent les voix de ceux qui ont voté pour eux.»
D’autre part, le Président Erdogan est revenu sur le processus de formation d’un nouveau gouvernement, expliquant qu’il a dirigé et qu’il continue à diriger le processus, conformément à la législation en vigueur.
«Certains m’accusent d’empêcher la formation d’une coalition, a-t-il expliqué. Sont-ils venus me présenter un accord de coalition? Les ai-je repoussé alors qu’ils avaient un accord ? Non, rien de tout cela n’est arrivé. Je ne me suis pas mêlé des négociations. Ils n’ont pas su trouver un accord. Jusqu’à présent j’ai orchestré le processus conformément aux règles inscrites dans notre constitution.»
Erdogan, est revenu également sur la polémique lancée après ses propos concernant le changement du régime politique turc.
Il a rappelé que la réforme voulue par le parlement et plébiscitée par le peuple par référendum, a été le point de départ du changement du système, avec l’élection au suffrage universel direct du président de la République.