AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que la responsabilité de l’échec des négociations pour la formation d’un gouvernement de coalition, après les législatives du 7 juin, incombe entièrement aux partis d’opposition qu’il accuse de ne pas avoir assumé leurs responsabilités.
Davutoglu est intervenu, lundi, lors d’une émission télévisée diffusée par les chaînes privées turques A Haber et ATV.
«En réalité, les résultats du 7 juin avaient offerts une bonne opportunité aux partis d’opposition, a-t-il indiqué. A notre niveau, nous perdions quelque chose. Il n’est donc pas logique de critiquer le Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti). Ce sont eux qui n’ont pas su saisir cette opportunité de former un gouvernement. Ces quatre derniers mois ont démontré que le seul parti qui assume ses responsabilités en Turquie, et qui est capable de gouverner, c’est l’AK Parti.»
Le Premier ministre a ajouté, qu’à ses yeux, le président du Parti d’Action Nationaliste (MHP), Devlet Bahceli, est un homme politique qui fuit les responsabilités.
«En 1999, il a préféré être vice-Premier ministre dans une coalition avec un parti qui l’avait qualifié « d’assassin » alors qu’un autre parti lui proposait d’occuper le poste de chef du gouvernement, a-t-il rappelé. Aujourd’hui, il appelle notre parti, et le CHP (Parti Républicain du Peuple) à former un gouvernement ensemble. Ce n’est pas à lui de nous dire de faire telle ou telle chose. Le seul point sur lequel il doit s’exprimer, c’est sur la volonté ou non du MHP à participer au gouvernement. Mais il a rejeté toute formule, il a dit NON à tout. Aujourd’hui, dans ses meetings, il essaie de rectifier le tir, face au mécontentement de son électorat.»
Selon Ahmet Davutoglu, le MHP est en perte de vitesse, et il n’est pas certain qu’il préserve sa troisième place le soir du scrutin du 1er novembre, estimant que le CHP gardera sa deuxième place derrière l’AK Parti, et que le Parti Démocratique des Peuples (HDP), peut mettre en danger le MHP, qui paiera pour son comportement lors des négociations.
«Le CHP sera deuxième avec un score entre 24 et 27%, a-t-il pronostiqué. Il ne fera ni mieux ni moins. Cette fois-ci c’est le MHP qui soulève une interrogation, pas le HDP. Mais la véritable question est la suivante, l’AK Parti obtiendra-t-il la majorité absolue au nombre de sièges pour gouverner seul. Si, une nouvelle fois, nous sommes dans l’obligation de former une coalition, les quatre prochaines années seront difficiles pour notre pays.»
Toujours au sujet des législatives, le Premier ministre a affirmé que la sécurité du scrutin sera assuré et que toutes les mesures nécessaires ont été planifiées.
Le Premier ministre a souhaité revenir longuement sur la question de la lutte contre le terrorisme, dénonçant la campagne menée par certains médias et hommes politiques, qui cherchent à imposer l’idée qu’une guerre civile est en cours en Turquie.
«Si une personne est attachée un minimum à ce pays, c’est la dernière chose qu’elle devrait exprimer, a-t-il dit. La Turquie n’est pas le seul pays qui lutte contre le terrorisme, beaucoup d’autres le font. Le thème approprié dans ce contexte, c’est la ‘lutte contre le terrorisme’. Parler de guerre civile est irresponsable et personne ne devrait dire cela. La haine envers l’AK Parti a pris une telle dimension, que certains sont prêts à accepter que le pays soit en guerre civile si celle-ci influencerait la position de l’AK Parti.»
Davutoglu a voulu rappeler que la Turquie combat en même temps plusieurs organisations terroristes, le PKK, Daech et le DHKP-C (extrême gauche), ajoutant qu’il ne s’agit pas d’une guerre civile qui impliquerait des groupes ethniques.
«Le 28 mai, à Hassaké, en Syrie, le régime et le PKK se sont retrouvés autour de la même table, a-t-il affirmé. Le but était de planifier le combat contre la Turquie. Le PKK a préféré saboter le processus de résolution. Je le réaffirme une nouvelle fois, à partir de maintenant, quiconque se mettra face à la Turquie, en subira les conséquences. Quand la Turquie dévoilera toutes ses cartes, le tableau changera profondément dans la région. Le PKK et Daech ont pu se rendre compte de notre détermination.»
Davutoglu a une nouvelle fois déclaré que la lutte contre le terrorisme se poursuivra jusqu’au bout, malgré les provocations et els calculs politiciens du HDP ou du MHP.
Pour conclure, le Premier ministre, a indiqué, au sujet des perquisitions et des affaires qui touchent certains groupes médiatique, à l'instar du groupe KOZA IPEK, que ces processus sont purement juridiques, et qu’il n’est pas en mesure de dire quoi que ce soit tant que le tribunal ne se sera pas prononcé, ajoutant que l’Etat poursuivra sa lutte contre l’organisation parallèle.