Duygu Yener
21 Octobre 2015•Mise à jour: 22 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, s’est indigné des critiques de l’opposition alors que le Parti Républicain du Peuple (CHP) et le Parti d’Action Nationaliste (MHP) ont refusé de participer au gouvernement électoral provisoire, leur participation étant pourtant obligatoire selon la Constitution.
Davutoglu a répondu aux questions des journalistes après sa participation à l’assemblée générale de l’association turque des retraités.
«Je tiens à m’adresser à monsieur Kemal Kilicdaroglu, pas en tant que président du CHP, mais en tant que simple citoyen, a-t-il dit. Comment peut-il affirmer qu’un quelconque citoyen puisse fermer les yeux sur des personnes qui menacent la Turquie? Comment peut-il affirmer que le gouvernement savait que des membres de Daesh allait réaliser un attentat à Ankara? C’est totalement irresponsable et malhonnête.»
Davutoglu a affirmé que, quel que soit le parti au pouvoir, ou le premier ministre de la Turquie, personne n’hésitera à prendre les mesures nécessaires pour empêcher une attaque terroriste.
Le chef du gouvernement a rappelé que depuis le début des opérations contre Daesh le 23 juillet, 768 suspects ont été mis en garde à vue en 3 jours.
«Si monsieur Kilicdaroglu est si soucieux de ces questions, a-t-il poursuivi, je le dis clairement, il aurait du accepter que son parti participe au gouvernement et il aurait pris ses responsabilités. Il refuse cela, fuit les responsabilités, et ensuite affirme des choses invraisemblables et critique le gouvernement ! Un leader de l’opposition ne peut pas agir ainsi.»
Ahmet Davutoglu a rappelé, dans ce contexte, que les enquêtes concernant l’attentat d’Ankara sont en cours, que les procureurs en charge de l’enquête font régulièrement des déclarations sur son avancement, et qu’il faut éviter de se servir de cette affaire comme d'un instrument politique, indiquant que l’attaque visait l’ensemble de la Turquie.
Répondant aux questions concernant la visite de Bachar al-Assad en Russie, le Premier ministre turc a dit:
«Nous considérons que ce régime qui massacre son propre peuple et utilise des armes non conventionnelles n’a plus aucune légitimité. Notre position à ce sujet n’a absolument pas changé. Nous avons été l’un des premiers pays à proposer une période de transition pour écarter le régime actuel en Syrie. Malheureusement, le régime et al-Assad ont préféré massacrer le peuple et enfoncer le pays dans un terrible chaos. Aujourd’hui, certaines formules sont discutées derrière des portes fermées, elles n’ont aucune importance. Nous n’accepterons aucune formule que le peuple syrien n’accepte pas. La transition ne doit pas se faire avec al-Assad, elle doit permettre son départ. L’ensemble de la population syrienne, avec ses communautés musulmanes, chrétiennes, sunnites, chiites, arabes, kurdes, turkmènes, doit accepter la formule de transition proposée.»