Nazlı Yüzbaşıoğlu
16 Décembre 2015•Mise à jour: 16 Décembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le porte-parole du ministère turc des Affaires Etrangères, Tanju Bilgic, a déclaré que la nouvelle structure internationale initiée par l’Arabie Saoudite et comprenant une trentaine de pays musulmans pour la lutte contre le terrorisme n’est pas une «structure militaire».
Bilgic a répondu, mercredi, aux questions des journalistes lors de sa conférence hebdomadaire.
«La coopération militaire et de renseignements dans la lutte contre Daech est essentielle. Mais dans la lutte contre le terrorisme, la question idéologique l’est tout autant. Surtout dans un contexte mondial où certains associent Islam et terrorisme», a-t-il dit.
Bilgic a expliqué que l’initiative saoudienne visant à rassembler les pays musulmans sous la bannière de lutte contre le terrorisme est importante, affirmant qu’une coopération de ce type sera une bonne réponse à ceux qui veulent associer Islam et terrorisme.
«Je peux dire que cette coalition ne sera pas une structure militaire. Ce n’est pas à l’ordre du jour», a-t-il indiqué.
Concernant les relations avec la Russie, Bilgic a déclaré qu’il n’est pas question que la Turquie accepte les conditions de Moscou au sujet de l’avion abattu, notamment la demande d’excuses et le paiement d’une compensation.
«Si la Russie nous garantit que ses avions ne violent plus notre espace aérien, ce type d’incident ne se reproduira plus», a-t-il encore dit, avant d’ajouter que «la Turquie n’a aucune hostilité envers les cibles militaires russes».
Sur la question de la présence de soldats turcs en Irak, Bilgic a rappelé qu’il s’agit d’un programme d’entrainement proposé aux combattants qui affrontent Daech en Irak.
«En aucun cas cette présence ne peut être qualifiée de violation de l’unité territoriale de ce pays», a-t-il dit.
«Nous aurions préféré que le gouvernement irakien soit en mesure de se débarrasser des terroristes du PKK et de Daech sur son territoire, a-t-il poursuivi. Dans ce cas, la Turquie n’aurait pas été obligée de prendre ce risque militaire.»
A une question sur les relations entre Ankara et Tel Aviv, Bilgic a répété qu’aucun contact de haut niveau n’existe entre la Turquie et Israël, et que cette situation ne changera pas tant que les conditions de la Turquie, c’est-à-dire les excuses, les dédommagements et la fin du blocus sur Gaza, ne seront pas remplies par Israël.
Pour finir, le porte-parole du ministère a dénoncé l’octroi du statut de «citoyen d’honneur» à Abdullah Ocalan par la municipalité de Palerme en Italie.
«Que le chef d’une organisation terroriste (PKK) reconnue comme telle par l’Union européenne obtienne ce titre est inacceptable, c’est un manque de respect flagrant», a-t-il conclu.