AA - Ankara - Nur Asena Gülsoy
Le Premier ministre turc, aussi chef du Parti de la Justice et du Développement (AKP), a commenté les faits majeurs de l'actualité turque lors d'une interview sur les chaînes de télévision Star et NTV, le 25 mars.
Recep Tayyip Erdoğan a indiqué que ses meetings de campagne, à quelques jours des élections municipales, étaient réussis et se déroulaient dans une bonne ambiance. Il a expliqué la vision qu'avait l'AKP de l'administration municipale, après avoir critiqué les anciennes administrations qui étaient, selon lui, archaïques : "En tant qu'AKP, nous voulons atteindre l'objectif qui était cher à Mustafa Kemal Atatürk, celui de 'dépasser le niveau des civilisations contemporaines'."
Il a fait remarquer que les municipalités gérées par l'AKP, contrairement aux autres, avaient été modernisées, grâce à de nouvelles solutions, notamment par rapport à la pollution de l'air, à la distribution de l'eau, à la gestion des déchets. Il a également critiqué les partis de l'opposition pour ne pas avoir émis de plan ou de projet concernant leurs activités municipales, mais de faire uniquement de la "politique en crééant des tensions ou en proférant des insultes".
Selon le chef de l'AKP, la date des élections municipales, le 30 mars, sera un tournant qui mettra fin "aux polarisations au sein de la société". Il a expliqué qu'après cette date, son parti allait continuer le processus de réforme, de démocratisation et de résolution.
Recep Tayyip Erdoğan a commenté les dossiers de charges remis au Parlement turc sur les quatre anciens ministres accusés de corruption qui avaient démissionné : "En ce moment, quatre de mes amis, vous savez qui, ont voulu se faire blanchir et ont proposé à la Présidence de l'Assemblée et à la Présidence du groupe de parti la création d'une commission d'enquête. Nous nous attendions à ce que ce soit l'opposition qui propose cela dès le début. Mais elle ne l'a pas fait. C'est pour faire un show que l'opposition est venue au Parlement le 19 mars."
Le Premier ministre a aussi abordé les questions qui relèvent du domaine international. Il a souligné les règles d'engagement de l'Etat turc vis-à-vis de la Syrie. "Effectivement, un hélicoptère syrien a violé notre espace aérien. Nous [le gouvernement turc] avions alors annoncé nos règles d'engagement. Nos avions de combat ont alors abattu cet hélicoptère dans le cadre de ces règles. Les responsables des forces armées m'ont informé que l'espace aérien de la Turquie avait été violé encore une fois par deux avions de combats syriens. [...] Cela relève d'un viol de ces règles d'engagement, et si la Syrie continue ainsi, la Turquie fera ce qui est nécessaire", a-t-il expliqué.
Il a aussi évoqué les risques autour du mausolée du Shah Soliman, situé à Alep : "S'il y a une menace contre la tombe du Shah Soliman, la Turquie réagira comme il se doit. Ce sont nos territoires, un espace d'environ 10 000 m2, des territoires garantis par des accords internationaux. Une attaque dans ces lieux signifie une attaque contre la Turquie."
Recep Tayyip Erdoğan a donné des informations sur l'attaque du 20 mars à Niğde. D'après leurs dires, les trois agresseurs arrêtés ont été formés en Syrie et voulaient passer par la Bulgarie pour atteindre la Macédoine. "Pour l'instant, les départements responsables étudient les coulisses de cette affaire et à qui ces hommes sont liés. Ils ont déjà obtenu quelques informations. Notre service secret, notre organe judiciaire et le ministère de l'Intérieur enquêtent", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a expliqué, suite aux questions sur le blocage d'accès à Twitter, que l'administration Twitter n'était pas bienveillante, et qu'elle avait refusé de supprimer les comptes d'utilisateurs qui publiaient des twits "pour tourmenter la Turquie et menacer la sécurité nationale". Quand un journaliste a rappelé les critiques faites par les autorités de l'Union européenne (UE), Erdoğan a affirmé que ce problème relevait du droit national, et que la Turquie avait déjà fait plus d'avancées démocratiques que la plupart des membres de l'UE, qui devait respecter avant tout la juridiction et le droit propres à chaque pays.