Tuncay Çakmak
18 Septembre 2020•Mise à jour: 19 Septembre 2020
AA / Istanbul
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré n’avoir aucun problème quant à l’idée de rencontrer le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, estimant que l’important est de définir les sujets et le cadre des discussions.
Le Chef de l’État turc a fait des déclarations à la presse, vendredi à Istanbul, à sa sortie de la mosquée après la grande prière hebdomadaire.
Il est revenu sur les sujets régionaux, notamment les tensions en Méditerranée orientale avec la Grèce, mais aussi la situation en Libye.
Erdogan a rappelé que, malgré les provocations, la Turquie privilégie toujours le dialogue et la négociation.
Dans ce sens, il est disposé à rencontrer le chef du gouvernement grec, Mitsotakis.
"Nous n'avons aucun problème à rencontrer Mitsotakis. L'essentiel est de définir quels sujets nous allons aborder et dans quel cadre", a-t-il dit.
Pour preuve de ce choix du dialogue, le Président turc a attiré l’attention sur le retour du navire de recherches sismiques Oruç Reis.
"Si notre navire Oruç Reis est revenu au port pour maintenance, cela signifie aussi autre chose", a-t-il déclaré, faisant comprendre qu’il ne s’agit pas seulement de raisons techniques, mais aussi d’une volonté de faire chuter les tensions, même s’il a ajouté qu’une fois les maintenances effectuées, Oruç Reis reprendra ses travaux en Méditerranée orientale.
Le Chef de l’État a par ailleurs été interrogé sur les informations faisant état de discussions entre les services de renseignements turcs et égyptiens.
Confirmant cette information, Erdogan a ajouté qu’il n’y a aucun obstacle à cela, même si les relations officielles entre les deux pays ne sont pas au beau fixe, depuis le putsch contre le président élu Mohammed Morsi.
"Que nos services de renseignements discutent avec les services égyptiens est une chose. Mais l'accord signé par l’Égypte avec la Grèce nous a attristé", a-t-il confié, faisant référence à l’accord de délimitation des eaux territoriales entre ces deux pays.
Concernant les derniers développements en Libye, le Président turc s’est dit convaincu que le putschiste Khalifa Haftar n’atteindra aucun de ses objectifs.
"Tôt ou tard, le putschiste Haftar sortira perdant de cette affaire", a-t-il assuré, regrettant la décision du Premier ministre légitime Fayez al-Sarraj, de quitter son poste avant la fin du mois d'octobre.
"Nos délégations rencontreront dans la semaine à venir les représentants du Gouvernement d'Entente Nationale (GNA), reconnu par l'ONU. A l'issue de ces rencontres, les choses prendront le chemin qu'il se doit", a-t-il ajouté.
Recep Tayyip Erdogan s’est ensuite exprimé sur la recrudescence de la pandémie de nouveau coronavirus.
"Nous sommes dans l'obligation de resserrer les vis", a-t-il regretté. Et d’ajouter : "Nous ne prenons pas ces mesures [contre la Covid-19] par plaisir, mais parce que nous nous préoccupons de nos concitoyens".
Mais le président turc reste confiant quant à l’élaboration prochaine, en Turquie, d’un vaccin contre le nouveau coronavirus. "Nous observons des signaux positifs concernant des avancées après le nouvel an", a-t-il partagé.