A. Eda Ünlü Özen,Saida Charafeddine
26 Octobre 2015•Mise à jour: 27 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé, lundi, que pour la première fois cette année, la Présidence de la République allait accueillir des citoyens de tout le territoire à l’occasion d’une réception pour la Fête de la République.
Le Président Erdogan s’est exprimé lors de sa rencontre avec les Maires de quartiers et de villages, 13ème édition de cette nouvelle tradition qu’il a instaurée après son élection en 2014.
«Jusqu’à présent, les cérémonies de la Fête de la République (29 octobre) se faisaient sans le peuple, avec une célébration étatique morose, a-t-il dit. Nous avons décidé d’organiser, le 28 octobre, une réception où seuls nos citoyens, venant de nos 81 provinces par groupe de dix personnes, participeront. Des simples citoyens sans titre particulier. Ainsi la Fête de la République sera célébrée dans la maison du peuple qu’est la Présidence.»
Erdogan a sévèrement dénoncé ceux qui critiquent son action, l’accusant d’outrepasser son pouvoir constitutionnel.
«Ceux qui disent ça n’ont jamais rien fait pour notre peuple, a-t-il déclaré. Ils ne supportent pas non plus la démocratie. De la même manière que ceux qui utilisent toujours le mot paix mais qui font tout pour faire couler le sang dans notre pays, ils parlent toujours de démocratie mais ce sont des fascistes. Ils ne tolèrent aucune autre pensée que leur propre idéologie, et n’acceptent pas d’autres modes de vie que le leur.»
Le Président turc a affirmé que ces milieux regardent le peuple de heut et le sous-estiment.
«Leurs chemins ne croiseront jamais ceux de la démocratie, a-t-il ajouté. Ils ne supportent pas que la volonté du peuple arrive au plus haut niveau. Car pendant des dizaines d’années, ils ont gouverné le pays sans demander l’avis du peuple. Ils ne tolèrent pas que d’autres, qui ne sont pas des leurs, soient représentés dans les domaines politique, social, économique et culturel.»
Pour le Président turc, le PKK, l’organisation parallèle, les partis d’opposition et les «soi-disant intellectuels » qui dénoncent leur pays aux étrangers, veulent tous la même chose, que "Tayyip Erdogan" ne se mêle de rien, et qu’il ne leur fasse pas obstacle.
«C’est d’abord le peuple, ensuite l’Etat, a-t-il défendu. L’inverse est désormais révolu. La clé c’est le vote. J’espère que le soir du 1er novembre, la stabilité politique perdue lors du scrutin du 7 juin sera rétablie. Regardez, hier les terroristes ont fait exploser l’hôpital de Semdinli. Ils s’attaquent aux écoles, aux aéroports, aux hôpitaux, aux mosquées, aux postes de police. Ceux qui parlent de paix à longueur de journée, ne sont-ils pas les mêmes qui font régner la terreur dans la région, Je le demande à mes citoyens kurdes et à l’ensemble de notre peuple, quand allez-vous donner une leçon à ceux qui s’adossent aux terroristes ? Le 1er novembre est l’occasion d’agir comme un vrai peuple.»
Erdogan a sévèrement critiqué le Pari Démocratique des Peuples (HDP), qu’il accuse de soutenir le terrorisme et d’agir comme un ennemi de la Turquie.
«Nous n’avons qu’un drapeau, a-t-il dit. Mais certains se promènent avec un autre drapeau. Ils placent ce morceau de tissu sur les cercueils des terroristes du PKK tués par nos forces de sécurité. Et malgré cela, ils osent dire qu’ils n’ont pas de problème avec notre drapeau national. Notre pays fait 780 000 km2 et nous ne reconnaissons aucun autre pays sur ce territoire. J’invite mes citoyens de la région à tourner le dos aux terroristes et à donner une leçon politique à ceux qui en sont les porte-voix.»
Le Président Erdogan a aussi critiqué la position de l’Europe et de la communauté internationale dans les crises irakienne et syrienne.
«Monsieur Blair s’est excusé pour sa responsabilité dans le chaos en Irak, a-t-il rappelé. Mais c’est trop tard, le pays ne se relèvera plus. C’est pareil pour la Syrie. L’Occident ferme ses portes et nous dit que nous faisons du très bon travail avec les réfugiés. Ils nous promettent de nous aider, mais quand il faut passer à la caisse, il n’y a personne.»