Mourad Belhaj
01 Mars 2020•Mise à jour: 02 Mars 2020
AA / Ankara
Le responsable des médias et de la communication au sein de la présidence turque, Fahrettin Altun, a déclaré que le nombre de migrants irréguliers qui ont quitté les terres turques vers l'Europe a atteint 80. 888 personnes, et que ce nombre est susceptible d'augmenter.
C’est ce qui ressort d’une série de tweets qu'il a publiés dimanche et dans lesquels il a déclaré que "la Turquie continue d'accueillir les Syriens en vertu de la clause de protection temporaire, et nous n'avons pas demandé à nos frères syriens de quitter la Turquie, car ils peuvent rester ici ou partir en Europe, c’est leur choix".
Et d’ajouter : "Notre politique à l'égard des réfugiés a changé, dans le sens où nous n’empêchons plus ceux qui souhaitent quitter la Turquie de le faire. Compte tenu du fait que nos ressources, tant sur le plan matériel que sur le plan humain, sont limitées, nous avons décidé de nous préparer à l'éventualité d'une nouvelle vague de déplacements depuis la Syrie, plutôt que d'empêcher les réfugiés le souhaitant de se rendre en Europe."
Altun a souligné qu'avec ce changement, un certain nombre d'immigrants ont pris, ces derniers jours, la décision de partir. Leur nombre atteint jusqu'à présent 80.888 migrants, un nombre qui devrait augmenter dans les prochains jours.
Le responsable des médias et de la communication au sein de la présidence turque a ajouté que son pays "n'est pas en mesure d'absorber une nouvelle vague de demandeurs d'asile en provenance d'Idleb, bien que nous nous tenions prêts à faire face à l’éventualité d’une nouvelle vague de migrants irréguliers. L'Europe et les autres doivent agir immédiatement pour relever cet énorme défi, car on ne peut pas s'attendre à ce que cela se fasse tout seul".
Et de souligner que la Turquie accueille 3,7 millions de réfugiés syriens sur son sol, regrettant de ne pas avoir reçu le soutien de la communauté internationale face à cette tâche difficile.
En réponse aux critiques de certains pays concernant la politique de la Turquie en matière de réfugiés, Altun a déclaré : "Les parties qui ne sont pas parvenues à un accord concernant quelques milliers de réfugiés osent dire à la Turquie que cela suffit, alors qu’elle accueille à elle seule 3,7 millions de réfugiés, c'est une honte et (un exemple de la politique des) deux poids deux mesures."
Le flux de migrants a commencé aux frontières occidentales de la Turquie, à partir de jeudi dernier, après la nouvelle qu'Ankara n'entravera pas le mouvement des migrants vers l'Europe.
Le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé, samedi, que son pays garderait ses portes ouvertes devant les réfugiés souhaitant se rendre en Europe, soulignant que la Turquie n'avait pas les ressources nécessaires pour accueillir une nouvelle vague d'immigration.