AA/ Houcine Abbas
Si la coopération Turquie-Afrique n’a connu un réel essor que durant les dernières années. La Turquie est historiquement présente dans plusieurs pays du continent.
La Turquie a opté en 1998 pour une stratégie ciblée qui vise à réaliser un saut qualitatif de ses relations politiques, militaires, culturelles et économiques avec les pays africains.
Le bureau turc de consultations pour le commerce extérieur a établi en 2003 une stratégie pour le développement des relations économiques avec les pays africains.
La Turquie a, par ailleurs, décrété l’année 2005 année de l’Afrique.
Le ministère turc de l’Economie a adopté depuis 2003 une stratégie pour renforcer les relations économiques et les échanges commerciaux avec les pays africains au moyen d’outils stratégiques ciblés tels les foires, les salons, les délégations commerciales et les commissions économiques mixtes
Cette stratégie a permis de faire passer la valeur des exportations turques vers l’Afrique de 2,1 milliards de dollars en 2003 à 13,3 milliards de dollars en 2012.
Sur les 13,3 milliards de dollars des exportations turques vers le continent africain, 3,6 milliards sont mobilisées par l’Egypte, 2,1 milliards par la Libye, 1,8 par l’Algérie, 1,01 par le Maroc, 796 millions de dollars par la Tunisie, 438 millions de dollars par le Nigéria et 394 millions par l’Ethiopie.
Les exportations turques vers l’Afrique comptent, principalement du fer, des combustibles minéraux, des lubrifiants, des réacteurs nucléaires…
Les importations turques en provenance de l’Afrqiue ont également, notablement, augmenté, passant de 3,3 milliards de dollars en 2003 à 9,6 milliards de dollars en 2012. L’Algérie est le plus grand fournisseur africain de la Turquie ( 2,6 milliards de dollars), elle est suivie par l’Egypte (1,4 milliard de dollars), la Libye (1,2 milliard de dollars), l’Afrique du sud (1,2 milliard de dollars), le Nigéria (1,1 milliard) et le Maroc( 429 millions de dollars).
La Turquie importe de l’Afrique des lubrifiants, des perles, des pierres précieuses, des produits chimiques non organiques, du cacao, du fer et de l'acier.
En 2013 le volume des échanges commerciaux Turquie-Afrique a été de 23,4 milliards de dollars dont 7,5 milliards avec l’Afrique subsaharienne contre 750 millions de dollars en 2000.
La Turquie dispose, par ailleurs de représentations commerciales dans environ 22 pays africains
Les relations Afrique-Turquie ont gagné en valeur grâce, notamment, à des visites bilatérales de haut niveau et à la signature de plusieurs conventions économiques et commerciales.
L’Union Africaine a proclamé en décembre 2008 la Turquie son partenaire stratégique. La même année se tenait à Istanbul le premier sommet de coopération Turquie-Afrique avec la participation de 49 pays africains et des représentants de 11 organisations régionales et internationales dont l’UA.
La Turquie est, depuis 2008, le 25ème Etat membre non africain de la BAD (Banque Africaine de Développement).
En 2009, la Turquie disposait de 12 ambassades sur tout le continent africain, aujourd’hui elle en compte 35 et il est prévu l’ouverture prochaine de quatre nouvelles ambassades.
Les ambassades africaines à Ankara sont, parallèlement, passées de 10 en 2009 à 28 actuellement.
La Turquie vise par ailleurs à faire passer le volume de ses échanges commerciaux avec les pays d’Afrique subsaharienne à 50 milliards de dollars.
Cependant la politique extérieure turque dans le continent africain n’est pas restreinte au domaine économique et touche aussi bien à la santé, au social qu'à l’humanitaire.
La Turquie est, effectivement, présente sur le continent à travers ses œuvres humanitaires et ses actions de développement. Le total d’aides au développement accordé par les établissements publics turcs au profit des pays d’Afrique subsaharienne ont été en 2009 de 43,729 millions de dollars. Celles fournies par des ONG turques ont été au cours de la même année de 52,608 millions de dollars.