AA - Londres - Nur Gülsoy
Le projet du gazoduc "Turkish Stream" contribuera au renforcement de la sécurité de l'énergie en Europe, selon l'attaché d'ambassade russe au Royaume-Uni, Boris Abramov.
Abramov prononcait, mardi, le discours d'ouverture du 2ème forum russe de l'énergie à Londres, dont l'Agence Anadolu est le sponsor médiatique.
Abramov a rappelé que la Russie et la société publique turque de transport des hydrocarbures (BOTAS) ont conclu un accord en décembre 2014 pour la construction d'un gazoduc d'une capacité d'acheminement de 63 milliards de m3.
Il a relevé, à ce propos, que: "Le gaz sera acheminé depuis la Russie vers la Turquie via la mer Noire. Au cours d'une première phase, le gazoduc de 1100 km de long pourra transférer 47 milliards de m3 de gaz jusqu'à la frontière grecque."
"Nos partenaires en Grèce soutiennent fermement ce projet, a-t-il déclaré. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a affirmé qu'il faut multiplier les sources de gaz de l'Europe. Le projet de gazoduc qui liera la Russie à la Turquie contribuera grandement au renforcement de la sécurité énergétique de l'Europe", a-t-il encore dit.
Selon Abramov, la Russie demeure un partenaire énergétique important: "l'Europe a toujours été notre partenaire le plus important et le demeurera. J'espère que les problèmes politiques en Ukraine ne constituent pas un obstacle à l'acheminement de l'énergie fournie par la Russie à ce pays".
La Russie avait annoncé, au début du mois de décembre 2014, l'annulation du projet de pipeline "South stream" qui devait traverser la mer Noire et la Bulgarie, pour acheminer le gaz vers les pays des Balkans, la Hongrie, l'Autriche et l'Italie.
Moscou avait justifié sa décision par l'opposition de l'UE à ce qu’elle considérait comme le monopole du projet par la compagnie russe "Gazprom".
Ce différend avait conduit la Russie à pencher en faveur du projet turc devant traverser la Turquie pour aboutir aux frontières grecques, où un complexe doit être édifié plus tard pour transférer le gaz (russe) vers le Sud de l'Europe.
Pour sa part, le haut dirigeant de la société de cosulting dans le domaine de l'énergie "Lambert", Philip Lambert, a estimé que le fait que "le président américain Barack Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel soient d'accord sur une alternative aux combustibles fossiles, cela constitue une menace pour la Russie".
"Cela n'a aucun aspect commercial", a-t-il affirmé, avant de conclure que "S'éloigner des combustibles fossiles multipliera le coût par trois à cinq fois, pour l'Europe."