AA - Rome
"La migration n’est pas une menace mais une valeur sociale", a confié à l’Agence Anadolu (AA), Emine Alp Mese, vice-ministre turque de la Santé, à l’occasion de la Soixante-huitième session du Comité régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe qui se tient dans la capitale italienne, Rome, du 17 au 20 septembre.
"Notre tâche principale est d’assurer un service de santé accessible et adéquat pour l’ensemble des groupes défavorisés, dont, en premier lieu les réfugiés. Nous devons créer des normes de santé viables et décentes dans le monde entier", s’est-elle exprimée lors du Comité auquel participent notamment le premier ministre italien, Giuseppe Conte, la princesse Mary de Danemark, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom ainsi que la directrice régionale de l’OMS, Zsuzsanna Jakab.
"Les dépenses réalisées au nom des services de santé ne constituent pas un ‘’coût’’ mais un ‘’investissement’’. Les services de santé assurés au bénéfice des réfugiés ne sont pas un ‘’fardeau’’ mais une ‘’responsabilité humaine’’", a martelé l’adjointe qui a souligné l’indispensable nécessité de placer l’homme au centre de ces services si l’on souhaite leur octroyer une dimension universelle.
Indiquant avoir partagé, le succès de la Turquie en matière de réforme dans le domaine de la santé, avec les autres pays participants, Mese a rapporté qu’ils ont réalisé des entretiens bilatéraux de haut niveau en vue des prochaines collaborations.
- La migration, une valeur sociale
A l’occasion de la première journée du Comité, lundi, la vice-ministre a fait part des services de santé assurés par la Turquie aux réfugiés syriens.
"La question des immigrés ne soulève pas un problème de sécurité mais constitue plutôt l'un des piliers fondamentaux de la santé publique, du développement social et des droits de l'homme. La Turquie considère la capacité de la migration sous une approche inclusive. Nous appréhendons la migration comme une valeur sociale et non une menace."
L’adjointe a également rapporté avoir formulé les approches et les attentes de la Turquie au sujet du "Processus de réforme et de ses réflexions dans la région européenne" et du "Projet budgétaire OMS de 2020-2021".
- Entretiens bilatéraux en vue du développement des collaborations
Partageant avoir réalisé, mardi, des entretiens bilatéraux avec les ministres de la Santé ouzbek et ukrainien, Mese a précisé qu’ils se réuniront, mercredi, avec le ministre kirghize.
Le tourisme de la santé, la formation du personnel de la santé, l’adoption de mesures concrètes et la création de plans d’action pour le développement des coopérations, en particulier, dans le domaine des dispositifs pharmaceutiques et médicaux, ont été abordés lors de ces entretiens.
Concernant l’importance des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies (ONU), elle a souligné que les mécanismes communs de surveillance et les indicateurs sont une étape importante en vue d’atteindre ces objectifs.
"Le travail commun des institutions de l’ONU est un développement important afin de réduire le fardeau imposé aux États membres et de prévenir toute ‘duplication' ", a-t-elle partagé.
Indiquant avoir participé à une session spécifique consacrée à l’utilisation efficace des systèmes d'information dans le domaine de la santé et aux exemples réussis mis en oeuvre dans la région européenne, Mese a partagé avoir expliqué à ses homologues les investissements et développements intervenus en Turquie en matière de systèmes d'information sur la santé au cours des dernières années.
Enfin, cette dernière a souligné que l’application "E-Nabiz" mise en place avec beaucoup de succès en Turquie et qui permet l'accès à toutes sortes de dossiers relatifs à la santé ainsi qu’au suivi des médicaments, constitue un bel exemple dans le domaine des services de santé.
- Les services de santé à destination des réfugiés
D’autre part, l’adjointe a affirmé que les services de santé assurés par la Turquie à destination des réfugiés seront présentés aux participants du Comité.
"Nous mettrons en exergue les lignes fondamentales des services offerts aux réfugiés, en particulier les centres de santé des immigrés de notre pays, et qui sont considérés comme un modèle. Puis les points de vue seront partagés au sujet du travail que nous avons effectué", a noté Mese.
Cette dernière rencontrera également Zsuzsanna Jakab, directrice de l’OMS de la région européenne, afin de discuter, d’une part, de la coopération entre l'OMS et la Turquie et, d’autre part, des travaux qui seront effectués avec les tiers.
La Soixante-huitième session du Comité régional de l'OMS pour l’Europe se tient du 17 au 20 septembre.
Les problèmes de santé fondamentaux de la région européenne y sont abordés lors de réunions de haut niveau organisées dans le cadre de l'événement.
Au cours de cette rencontre, de nombreuses questions importantes relatives à la santé publique telles que les maladies infectieuses et non infectieuses, le renforcement des systèmes de santé, la préparation et la réponse aux urgences sanitaires et au financement de la santé seront abordées.