Ferdi Türkten,Mehmet Tosun,Nur Asena GÜLSOY
10 Mai 2017•Mise à jour: 12 Mai 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
L'état d'urgence et les décrets en Turquie visent à nettoyer les institutions étatiques du terrorisme, a déclaré la présidente du Conseil d'État turc, Zerrin Gungor.
Gungor s'est exprimée durant la cérémonie organisée à l'occasion du 149ème anniversaire du Conseil, mercredi à Ankara, en présence du président de la République, Recep Tayyip Erdogan, le président du Parlement, Ismail Kahraman, le Premier ministre, Binali Yildirim, le vice-Premier ministre, Numan Kurtulmus, et d'autres responsables.
«Le but de l'état d'urgence proclamé et des décrets est de nettoyer les institutions étatiques des membres des organisations terroristes, et de protéger la démocratie, a fait savoir la présidente du Conseil d'État. Les droits et libertés individuels n'ont pas été limités en dehors de ce cadre»
Se félicitant de la justice turque, Gungor a insisté sur son rôle important pour satisfaire la conscience du peuple, à travers ses décisions.
La présidente a aussi souligné l'importance de l'impartialité et de l'indépendance de la justice.
«Un système judiciaire transparent, efficace, impartial, indépendant, loin de toute influence externe et interne, et qui peut rendre des comptes, est l'assurance de l'ordre de l'État et de la société», a estimé Gungor.
Elle a aussi abordé la question du terrorisme: «Le but du terrorisme est d'effrayer et de désespérer le peuple, briser sa confiance envers l'État, en nuisant à l'intégrité et à l'ordre sociaux. Le terrorisme n'est pas une idéologie mais un ensemble de méthodes. Ses messages peuvent être religieux, politiques, confessionnels ou ethniques. Mais le point commun est l'usage de la violence. Malheureusement, aucune définition commune du terrorisme n'a été adoptée à l'échelle internationale. Le fait que des terroristes soient qualifiés de combattants pour la liberté dans certains pays, est le premier obstacle devant l'adoption d'une définition commune.»
Gungor a rappelé que son pays lutte contre plusieurs formes de terrorisme simultanément, depuis des années.
Et d'ajouter: «Il ne faut pas critiquer les décisions judiciaires et les juges comme s'ils étaient en faveur ou en défaveur de l'administration. Nous sommes ouverts aux critiques rationnelles de nos décisions. Mais les décisions judiciaires doivent être évaluées selon des critères objectifs, scientifiques et juridiques, et non selon les intérêts de telle ou telle partie. Malheureusement, des critiques et des évaluations subjectives, injustes et disproportionnées, dans le but de manipuler l'opinion publique, nuisent au prestige de l'appareil judiciaire»