Muhammed Enes Can,Hanife Sevinç,Nur Asena GÜLSOY
28 Novembre 2016•Mise à jour: 29 Novembre 2016
AA – Istanbul – Nur Gülsoy
Le Parquet d'Istanbul a approuvé le premier acte d'accusation contre les responsables de la tentative de coup d'État du 15 juillet.
L'enquête menée par le Parquet d'Istanbul de la République a abouti au premier acte d'accusation concernant 62 militaires accusés d'être impliqués dans la tentative de coup d'État manqué.
Le Parquet a approuvé l'acte d'accusation préparé par les procureurs Hikmet Pak et Bulent Baser, lundi.
Les 28 officiers et sous-officiers, ainsi que 34 soldats sont accusés de «tenter de renverser l'ordre établi par la Constitution de la République de Turquie par la force et la violence», de «tenter de détruire la Grande Assemblée Nationale de Turquie par la force et la violence ou d'empêcher qu'elle n'assume ses fonctions», de «tenter d'éliminer le gouvernement ou d'empêcher qu'il n'assume ses fonctions».
Le Parquet demande que les accusés soient condamnés à des peines de perpétuité aggravée.
En outre, certains de ces individus sont aussi accusées d' «adhésion à une organisation terroriste armée» et d' «aide délibérée et volontaire à une organisation terroriste sans y adhérer», avec demande d'emprisonnement, dont la durée varie entre 7,5 ans et 15 ans.
Après avoir examiné l'acte d'accusation, le procureur adjoint en chef, Ismail Ucar l'a transféré à la 23ème Cour criminelle.
Des membres militaires de l'organisation terroriste FETO, dirigée par Fetullah Gulen (personnalité religieuse en exil volontaire aux États-Unis), ont tenté un coup d'État en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet dernier, mais ont échoué.
Les autorités turques ont appelé, ce soir là, le peuple à descendre dans la rue pour manifester contre le soulèvement. Les putschistes ont tiré sur les manifestants dans plusieurs lieux, notamment sur le pont du Bosphore à Istanbul. Les manifestants ont continué leur soutien à la démocratie jusqu'au grand rassemblement organisé le 7 août à Istanbul et dans plusieurs provinces.
Plusieurs bâtiments ont été bombardés le 15 juillet, dont le siège du Parlement et la Police d'Ankara. Les tirs et attaques des putschistes ont fait 241 morts, dont des agents de sécurité, et plus de 2 000 blessés.
La tentative a été déjouée et plusieurs fonctionnaires publics, dirigeants, membres du système judiciaire ont été limogés et suspendus de leurs fonctions dans le cadre des enquêtes menées.