Sinan Uslu,Ayvaz Çolakoğlu
06 Juillet 2017•Mise à jour: 07 Juillet 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim a déclaré, au sujet de la décision du Parlement Européen: "Ce n'est pas une décision importante de notre point de vue. (...) Des décisions semblables ont été prises les mois précédents. Pour nous cette décision est sans valeur et sans validité".
Yildirim a répondu aux questions des journalistes sur l'actualité, jeudi, à la suite d'une réunion de travail sur la sécurité qui s'est déroulée dans un grand hôtel d'Ankara.
Le sujet d'actualité de premier plan sur lequel les questions des journalistes ont convergé a été l'adoption par le Parlement Européen (PE), d'un rapport préconisant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie.
Yildirim a d'abord affirmé que le vote du PE n'a aucune valeur, "Ce n'est pas une décision importante de notre point de vue. (...) Des décisions semblables ont été prises les mois précédents. Pour nous cette décision est sans valeur et sans validité".
Il a ensuite insisté sur la position de la Turquie vis-à-vis de l'Union Européenne (UE) affirmant que l'adhésion à l'EU reste une priorité.
"La position de la Turquie à l'égard de l'UE n'a pas varié et reste très claire. C'est la sincérité qui doit constituer le socle des relations Turquie-EU. L'UE doit déterminer sa vision pour l'avenir et décider si elle veut continuer ou pas avec la Turquie" a-t-il souligné.
Dans une approche qui tend à relativiser la portée de ce vote, le Chef du gouvernement turc a ajouté: "Les parlements peuvent, par moment, prendre ce genre de décision. Ils s'agit de décisions prises au gré de la conjoncture, à l'initiative des députés et des groupes qui y sont représentés. Ce qui revêt une importance pour nous c'est l'avis des instances qui dirigent l'UE, des leaders des pays qui la composent et des hauts cadres dirigeants de l'UE. C'est cette volonté là qui est pour nous contraignante, et nous prendrons nos dispositions en fonction".
Yildirim n'a pas manqué de mettre l'UE face à ses contradictions, notamment sur sa bienveillance à l'égard des organisations terroristes.
" Au lieu de critiquer la Turquie sur certains points, l'UE devrait observer ce qui se passe chez elle. Que doit-elle considérer? Les raisons pour lesquelles l'activisme de l'organisation terroriste PKK a pris autant d'ampleur là-bas (en Europe), et le pourquoi de cette indifférence face à FETO. Ils doivent nous apporter des réponses à ce sujet" a-t-il indiqué.
Et de poursuivre :
"Tout le monde doit savoir que la Turquie a toujours des options à sa disposition, et une autre voie à suivre. Elle n'est pas sans alternative. Du reste, si l'adhésion à l'UE est bénéfique pour la Turquie, elle l'est deux fois plus pour l'UE. Qu'ils n'oublient pas que la sécurité de l'Europe commence en Turquie. Nous attendons que chacun agisse de façon responsable en prenant en compte ces réalités" a-t-il relevé.
Yidirim a conclu en affirmant que même si le processus d'adhésion arrive un jour à son terme, il n'y aura pas d'intégration automatique à l'UE. Le peuple sera appelé à se prononcé auparavant sur la question, a-t-il noté.