Mohamed Hedi Abidellaoui
23 Décembre 2016•Mise à jour: 23 Décembre 2016
AA/ Yaoundé/ Anne Mireille Nzouankeu
Au terme du Sommet extraordinaire sur la situation économique et monétaire en Afrique centrale, tenu vendredi à Yaoundé (Cameroun), 21 résolutions ont été prises par les chefs d’Etat de la Cemac, selon un communiqué du ministère des Finances camerounais.
De commun accord, ces dirigeants africains ont reconnu qu’il n’est pas nécessaire de « réajuster la parité monétaire actuelle ». Ce qui revient à dire que malgré la baisse des réserves monétaires des pays de l’Afrique centrale, le Franc Cfa, la monnaie commune utilisée par ces Etats, ne sera pas dévaluée.
Par contre, les chefs d’Etat préconisent « des ajustements structurels » à l’échelle de chaque pays. L’ajustement structurel désigne un ensemble de réformes économiques que le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale (BM) mettent sur pied pour aider les pays victimes de grandes crises économiques à sortir de ces crises.
De ce fait, en préconisant des ajustements structurels, les pays de la Cemac tendent la main au FMI pour les aider à faire face à la baisse des revenus, due à l’effondrement du prix du pétrole, qui demeure un pourvoyeur principal de recettes pour la plupart de ces pays.
Entre autres résolutions, les chefs d’Etat de la Cemac ont aussi décidé d’avoir recours à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux en vue d’obtenir un plus large financement, d’accélérer la finalisation de la libre circulation des personnes et des biens ou encore de diversifier les économies pour ne plus dépendre seulement des revenus pétroliers.
D’après des statistiques récentes de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), le taux de croissance de la zone Cemac a été révisé à la baisse, passant de 4,3% en moyenne entre 2010 et 2014 à un taux de 2,4% en 2015 puis à 0,7% en 2016.
Cette baisse est due à la chute des cours du pétrole brut. Or, « le pétrole fournissait en 2014 près de 40% des recettes budgétaires et des exportations totales et contribuait pour près de la moitié à la richesse de la sous-région, ce qui a un impact négatif sur le développement économique et social », selon la Beac.
Le Sommet extraordinaire a réuni les chefs d’Etat du Cameroun, de la République du Congo, de la République centrafricaine, du Gabon, de Guinée Equatoriale et du Tchad. Y étaient également présents en tant qu’invités spéciaux, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international et Michel Sapin, ministre français de l’Economie et des Finances.