Nadia Al Chahed
02 Février 2016•Mise à jour: 03 Février 2016
AA/Bamako/Moussa Bolly
Bamako, se remet peu à peu des attentats qui l’ont frappé, en novembre dernier, laissant place à la culture.
La capitale malienne a ainsi pu vivre, durant quelques jours, au rythme de la culture Dogon, un peuple connu pour sa cosmogonie et ses sculptures, à l’occasion de la première édition du festival Dogon « Ogobagnan » qui a remporté un franc succès.
« Yèrè Dogoin Atèmou Gèrè we » (Venez découvrir la culture Dogon) tel a été le slogan de la première édition du festival Dogon « Ogobagnan », qu’a abrité, du 29 au 31 janvier, la capitale malienne, sur ses berges du fleuve Niger.
Les Dogons sont un peuple du Mali dont « le pays » couvre la Falaise de Bandiagara, au sud-ouest de la boucle du fleuve Niger. Ils sont estimés à quelques 700 mille, a appris Anadolu auprès des organisateurs.
Il s’agit avant tout de cultivateurs et de forgerons mais c’est également un peuple réputé pour sa cosmogonie (science de la formation des objets célestes, notamment les étoiles) et ses sculptures.
Cette première édition consacrée au peuple malien issu de la région de Mopti (centre), a donc brassé plusieurs centaines de spectateurs de diverses nationalités, venus découvrir les différentes facettes de cette culture aussi singulière que riche.
Danses, musiques, dégustations culinaires mais aussi défilés de mode et de masques étaient au rendez-vous. Une exposition de produits de l’artisanat Dogon a également été organisée en marge du festival.
Initiative de l’Association malienne pour la protection et la promotion de la culture dogon (Ginna Dogon), le festival a, également, été l’occasion pour rendre hommage à l’art et à la culture d’autres communautés proches des Dogons, à l’instar des Mandings, des Peulhs, Songhaïs, Bozos, selon les organisateurs.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par un défilé des célèbres masques du pays Dogon.
« Chez les Dogons, la musique et la danse, voire les vêtements, traduisent généralement des expressions de joie, d’émotion, de deuil, ou renseignent sur des événement importants tels des funérailles ou de mariages… », a déclaré, Garibou Dougnon, lui-même Dogon et entrepreneur culturel vivant en France, rencontré par Anadolu en marge du festival.
Outre les festivités ponctuées par les danses et autres défilés de mode, des conférences débats ont également été organisées, parallèlement au festival, soulevant des questions telles que la perception de la maladie dans la culture Dogon, les Institutions judiciaires et l’exercice du pouvoir au Pays Dogon, l’histoire du peuplement des Falaises ou encore la signification des prénoms Dogon…
A la clôture du festival, dimanche, les organisateurs ont exprimé leur satisfaction quant « à la mobilisation exceptionnelle qui a dépassé toutes les attentes pour une première édition. »
Des visiteurs, rencontrés par Anadolu, ont, de leur côté, exprimé leur souhait de voir cet évènement s’inscrire dans la durée et devenir un rendez-vous annuel.
Bamako s’est quant à elle endormie alors qu’un air de Dogon régnait encore dans l’atmosphère, pansant le douloureux souvenir des attaques terroristes qui l'ont frappé en novembre dernier, éteignant une vingtaine de vies.