Esma Ben Said
04 Avril 2018•Mise à jour: 04 Avril 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Le gouvernement burundais a condamné, mercredi, une «nouvelle tentative d’actions déstabilisatrices» par Kigali à travers l’enrôlement de jeunes réfugiés dans des activités criminelles, a appris Anadolu d’un communiqué diffusé mercredi.
«Le gouvernement burundais condamne une nouvelle tentative d’actions déstabilisatrices par le Rwanda par l’exploitation abusive des conditions de vulnérabilité des réfugiés en enrôlant leurs jeunes dans des activités criminelles», a déclaré Philippe Nzobonariba, Secrétaire général du gouvernement burundais.
Le 1er avril, plus de 1600 réfugiés burundais sont rentrés dans leur pays en provenance du Rwanda. Près d’un millier d’autres sont rentrés le lendemain. Ces réfugiés burundais rentrés du Rwanda font partie d’un groupe de plus de 2500 réfugiés burundais qui, le 7 février dernier, avaient quitté le site de Kamanyola à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) suite aux violents combats qui s’y déroulaient, pour s’installer au Rwanda. Il s’agit des adeptes d'une confrérie religieuse chrétienne en conflit avec Bujumbura depuis 2013.
Selon la police burundaise, ces réfugiés ont été refoulés du Rwanda pour avoir refusé de se laisser «recruter par des militaires rwandais en vue d’attaquer le Burundi », avait-elle déclaré sur son compte officiel twitter.
Kigali les avait accusés d’avoir refusé d’obéir aux lois nationales et autres conventions internationales qui régissent les demandeurs d’asile.
«Certains réfugiés ont affiché une attitude inhabituelle en refusant l’enregistrement biométrique ou en refusant de se soumettre à la vaccination des enfants de moins de cinq ans », a déclaré Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Relations extérieures et des Affaires de la Communauté est-africaine, dans une correspondance adressée à son homologue burundais, Alain Aimé Nyamitwe.
De son côté, Bujumbura demande à Kigali de laisser rentrer tous ses réfugiés. «Le gouvernement demande aux autorités rwandaises de libérer et laisser rentrer les autres réfugiés burundais pris en otage avec la complicité de certains agents du HCR-Rwanda pour des fins de spéculations inacceptables», a ajouté Philippe Nzobonariba.