Mohamed Hedi Abdellaoui
07 Octobre 2015•Mise à jour: 07 Octobre 2015
AA/ Bujumbura/Nzosaba Jean Bosco
Trois jeunes étudiants ont été tués par balles, mardi soir, à Bujumbura alors qu’ils rentraient à domicile, a appris mercredi Anadolu de sources concordantes.
Parmi les victimes se trouve un certain Rémy Nkengurutse, originaire de la commune de Bisoro, province de Mwaro (80 km de Bujumbura) vers le centre-est du Burundi et figure de l’insurrection populaire contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Il était connu de la police pour avoir été parmi les mobilisateurs durant les manifestations « anti-troisième mandat » de Nkurunziza particulièrement dans les quartiers de Mutakura et Cibitoke (Bujumbura), selon ses voisins.
«Rémy habitait le quartier de Cibitoke, 8ème avenue no 86, (nord de Bujumbura, ndlr). Il fréquentait l’Université des grands lacs, section informatique et il a été froidement abattu par une policière ce soir alors qu’il rentrait chez lui», a déclaré à Anadolu Jimmy Ndikuriyo, son ami et voisin du quartier.
Le jeune étudiant a été tué en même temps que deux autres de ses compagnons également abattus dans le même quartier de Mutakura. « Les jeunes d’ici tirent sur les policiers et jettent sur eux des grenades, ils sont armés et la police s'est comportée comme faisant face aux gens armés et non aux civils innocents », a déclaré à Anadolu le commissaire de police Jean Albert Niyongabo.
Tout comme le week-end passé, la police a réinvesti ce quartier, beaucoup de coups de feu et d’explosions de grenades ont été entendus à partir de 16 heures (14 heures GMT).
Le 4 octobre 2015, près de 15 personnes avaient été assassinés dans les mêmes quartiers de Mutakura et Cibitoke en mairie de Bujumbura.
Le Burundi a plongé dans la violence depuis l'annonce, fin avril 2015, de la candidature du président Nkurunziza à un 3ème mandat qui, selon l'opposition, la société civile et une partie du propre camp du président, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).
Les autorités ont maté en mai une tentative de coup d'Etat militaire et étouffé plus tard six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura. Mais depuis la réélection de Pierre Nkurunziza, le 21 juillet, les violences se sont intensifiées, avec des assassinats ciblés, des enlèvements et des arrestations. Plus de 200 personnes avaient déjà été tuées jusqu’au 30 septembre, selon la principale association de défense des droits de l’Homme, APRODH.