Lassaad Ben Ahmed
26 Novembre 2020•Mise à jour: 26 Novembre 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Trois soldats camerounais ont été tués, jeudi, dans une embuscade attribuée à des séparatistes anglophones à Ekondo-Titi, ville côtière située dans le Sud-ouest du pays, a-t-on appris de source sécuritaire régionale.
« Trois soldats appartenant au 21e bataillon des fusiliers marins ont été tués ce jeudi 26 novembre dans une embuscade à Ekondo-Titi », dans le département du Ndian a fait savoir à l'agence Anadolu le préfet de la localité, Nwafua Laurence, sans donner plus de détails.
Cette nouvelle attaque intervient à une semaine des premières élections régionales au Cameroun (prévues le 6 décembre) et au lendemain d’une réunion de sécurité des gouverneurs des régions.
A la sortie de cette réunion la semaine dernière, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a annoncé que la situation sécuritaire du Cameroun et surtout dans les deux régions anglophones en crise est « sous contrôle » et que les activités reprennent normalement dans ces deux régions en crise.
Il faut rappeler que c’est dans cette ville d’Ekondo-Titi que l’ingénieur tunisien Khaled Tinsa a été tué le 15 mars 2018 par des séparatistes anglophones après un enlèvement d’ingénieurs camerounais et tunisiens engagés dans des travaux de construction sur l’axe routier reliant Ekondo-Titi à Kumba dans le Sud-Ouest du Cameroun.
En août de la même année, un autre groupe de séparatistes a tué le chef traditionnel d’Ekondo-Titi alors qu’il assistait à un culte à l’église de la localité.
Au lendemain de l’attaque d’une école à Kumba par des séparatistes où sept écoliers ont trouvé la mort, une trentaine d’organisations, dont l’Action mondiale pour la paix et la justice au Cameroun, ont publié une lettre ouverte réclamant une solution politique à la crise anglophone.
Les signataires de la lettre ouverte ont regretté que le gouvernement camerounais ait exhorté les élèves et enseignants des zones anglophones à retourner dans les classes, « tout en offrant peu de protection pour leur sécurité ».
La crise anglophone qui dure depuis quatre ans aurait fait 3.000 morts et conduit 700.000 personnes à fuir leur domicile selon plusieurs ONG.