Lassaad Ben Ahmed
01 Mai 2022•Mise à jour: 01 Mai 2022
AA / Yaoundé / Peter Kum
« Mme Elizabeth Regina Mundi, sénatrice du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ( parti au pouvoir) a été kidnappée samedi 30 avril aux environs de 12 heures (heure locale) dans la localité de Foncia Street à Bamenda », a indiqué à l’Agence Anadolu, Adolphe Lélé Lafrique, gouverneur de la région du Nord-Ouest.
« Au moment de son rapt, elle était en compagnie de son chauffeur, lui aussi enlevé à bord de leur véhicule », a précisé le gouverneur, ajoutant que des recherches sont en cours pour retrouver les otages et les libérer.
Dans une vidéo postée dimanche sur les réseaux sociaux, le mouvement armé sécessionniste "Ambazonia defense force" (ADF) a revendiqué le kidnapping.
« Pour que la sénatrice retrouve sa liberté, nous exigeons un échange des prisonniers. Le gouvernement camerounais doit au préalable libérer près de 75 séparatistes qui sont en prison », a indiqué l’ADF dans une vidéo.
Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi à cet enlèvement ou encore plus sur les revendications d’Ambazonia defense force.
Depuis le début de la crise dite anglophone, il y a cinq ans, une série d’enlèvements a été enregistré dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun.
Les enlèvements sont devenus endémiques dans les régions anglophones du Cameroun. Les séparatistes armés s’en prennent aux politiciens, aux membres du clergé et aux étudiants.
En janvier 2019, Emmanuel Ngafeson, ancien secrétaire d’État au ministère de la Justice en charge de l’Administration pénitentiaire, avait été enlevé dans sa résidence de Ntabesi, non loin de la ville de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest.
Quelques jours plus tard, au moins quinze étudiants de l’Université de Buea dans la région du Sud-Ouest toujours en zone anglophone avaient été kidnappés sur le campus universitaire.
Depuis fin 2016, la violence s’est emparée des régions anglophones du Cameroun, faisant environ 2000 morts et forçant un demi-million de personnes à s’enfuir de leurs domiciles, ont rapporté des ONG.
« Les griefs exprimés par les organisations représentant les anglophones au sujet de leur marginalisation politique et de la non-reconnaissance de leur identité culturelle sont réels. Mais enlever des civils et leur faire subir des sévices ne fera guère avancer la résolution de ces griefs », a souligné l’ONG Human Rights Watch dans un rapport le 11 juillet 2019.