Lassaad Ben Ahmed
05 Février 2019•Mise à jour: 05 Février 2019
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le gouvernement camerounais s’est désolidarisé des propos considérés par Israël comme « antisémites » à l’endroit des juifs par le ministre délégué à la Justice, Jean de Dieu Momo et exprimé ses « regrets » à l’ambassadeur israélien à Yaoundé, Ran Gidor.
Dans un communiqué de presse, émis lundi soir, le porte-parole du gouvernement camerounais, René Emmanuel Sadi « déplore vivement les propos inappropriés de ladite personnalité et s’en dissocie totalement ».
L’incident diplomatique a été déclenché dimanche, lorsque le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Jean de Dieu Momo, invité sur le plateau de l’émission «Actualité Hebdo» sur la chaine nationale de la Cameroon Radio Televison (Crtv), a légitimé dans ses propos le massacre des Juifs par « un certain Hitler » d’Allemagne.
« En Allemagne, il y avait un peuple qui était riche, qui avait tous les leviers économiques, c’était n’est-ce pas, les juifs et qu’ils étaient d’une arrogance (…) telle que les allemands se sentaient frustrés. Puis un jour est venu au pouvoir un certain Hitler qui a mis ces populations-là dans des chambres à gaz », avait dit le ministre Momo.
Cette sortie médiatique de Jean de Dieu Momo, qui a été qualifiée par Israël d’« outrageuse », était relative à la situation politique du pays marquée par une opposition politique grandissante au Cameroun. Il faisait ainsi le lien avec l’histoire juive en Allemagne et les actes d’Adolphe Hitler.
Israël s’est dit dans un communiqué lundi « choqué » par les propos « antisémites » tenus par un membre du gouvernement du Cameroun, exigeant des excuses officielles de Yaoundé.
En réaction, le gouvernement de la République du Cameroun a souligné que « le responsable politique s’exprimait à titre personnel », a fait savoir René Emmanuel Sadi, le ministre de la Communication.
Le ministre camerounais de la Communication informe, par ailleurs, que l’ambassadeur israélien au Cameroun a été reçu lundi à Yaoundé par le ministre des Relations extérieures, à qui il a exprimé «les sincères regrets du gouvernement » camerounais.