Lassaad Ben Ahmed
16 Octobre 2017•Mise à jour: 16 Octobre 2017
AA/Yaoundé/Peter Kum
Des manifestations ont été organisées, lundi, dans les régions anglophones, pour «repousser» des membres du Gouvernement dépêchés pour discuter avec les activistes, a appris Anadolu auprès des manifestants.
Le Premier ministre du Cameroun, M. Yang Philémon, conduit depuis lundi une équipe des personnalités dans les deux régions anglophones du Cameroun, à savoir le Nord-ouest et le Sud-ouest.
Cette délégation est constituée de membres du Gouvernement, des chefs traditionnels, des élus du peuple, des personnalités de la société civile et des élites. Elle sera sur le terrain du 15 au 24 octobre 2017, selon un communiqué de la primature.
D’après le directeur du cabinet du Premier ministre, M. Paul Ghogomu Mingo, les délégations qui sont envoyées dans les régions anglophones ont comme objectif d’«initier un dialogue constructif, communier avec la population et transmettre le message de paix de Paul Biya le Président de la République ».
Lundi matin, les délégations qui sont allées dans le Sud-ouest ont fait face à une résistance. Les populations de la ville de Tombel, par exemple, sont sorties avec l’arbre de la paix à la main et le drapeau de Southern Cameroon. Tout en sifflant, elles criaient «Non à la corruption».
«Ces membres du Gouvernement sont venus avec de l’argent et des sacs de riz pour nous corrompre en échange de notre liberté. Nous avons commencé le processus de notre indépendance, nous avons perdu des frères et des sœurs dans ce combat, nous n’allons pas reculer», souligne l’un des indépendantistes ayant requis l’anonymat.
«Nous ne rejetons pas le dialogue, nous rejetons les élites qui ont été envoyées», a relevé le président du consortium anglophone, Maitre Felix Agbor Balla Nkongho.
«Mais le seul problème c’est qu’il y a trop de tensions. Il y a presque mille personnes arrêtées qui sont en détention, là je viens de faire une visite à Bamenda, à Mamfe, ils ont expliqué comment les militaires les ont maltraités », a-t-il affirmé, ajoutant que : «Vraiment, ce n’est pas le moment de venir. Ils pouvaient commencer par avoir des réunions avec les militaires… Il y a des militaires partout...»
«L’autre problème, explique-t-il, c’est que ce sont les mêmes gens qu’on avait envoyés quand le problème venait de commencer et qui disaient qu’il n’y avait aucun problème. Nous ce qu'on veut avoir pour un éventuel dialogue ce sont des personnalités de la société civile, des personnalités de l’Eglise. Il faut un dialogue avec tout le monde», a conclut l’avocat.