Nadia Chahed
24 Mai 2017•Mise à jour: 24 Mai 2017
AA/Cameroun/ Peter Kum
Les autorités camerounaises ont interdit, mercredi, une conférence de presse d'Amnesty International(AI) à Yaoundé, a déclaré l’organisation.
L'objectif de cette conférence était de partager le contenu de plus de 300 000 lettres et pétitions de personnes du monde entier envoyées au président camerounais Paul Biya pour lui demander de libérer trois étudiants condamnés à 10 ans d’emprisonnement, par un tribunal militaire, pour avoir fait circuler une plaisanterie sur Boko Haram par SMS, a déclaré Alioune Tine, directeur régional de l'ONG, cité par un communiqué publié sur le site de celle-ci.
"Les autorités n’ont donné aucun justificatif administratif écrit portant sur l’interdiction de la conférence de presse", a indiqué l’ONG dans le communiqué, précisant qu'elles n’ont présenté qu’une seule décision interdisant un autre événement prévu dans l’après-midi avec des partenaires locaux.
Près d’une dizaine d’agents de sécurité en uniforme et en civil ont envahi l’hôtel très tôt ce matin demandant aux responsables de fermer la salle où la conférence était prévue, a ajouté la même source, rappelant qu'une déclaration de réunion en bonne et due forme datée du 18 mai 2017 adressée au sous-préfet de l’Arrondissement de Yaoundé 1 aavait, pourtant, été déposée par les partenaires d’Amnesty International contre une décharge le vendredi 19 mai dans les bureaux du sous-préfet du même Arrondissement.
Par ailleurs, un panel sur la situation des droits humains prévu dans l’après-midi de ce 24 mai par un partenaire local d’Amnesty International a aussi été interdit. Dans une décision datée du 23 mai 2017, le préfet de l’arrondissement de Yaoundé 1 a interdit « pour menace de trouble à l’ordre public, la tenue d’une conférence-débat sur le thème « droits de l’homme et lutte contre le terrorisme au Cameroun » prévue de 14 h à 18 heures, indique l'ONG.
La délégation d’Amnesty International, présente à Yaoundé depuis samedi dernier, tente vainement depuis plusieurs semaines d’obtenir des rendez-vous avec les autorités afin de leur transmettre les lettres et pétitions et de recueillir leurs réactions concernant un travail de recherche en cours, précise enfin le communiqué.
Les autorités camerounaise n'ont, de leur côté, fait aucune déclaration à propos de l'interdiction de cette conférence.