Safwene Grira
31 Octobre 2016•Mise à jour: 01 Novembre 2016
AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
De nouveaux heurts meurtriers ont éclaté à Bangui alors que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, annonce lundi, depuis la capitale centrafricaine, la fin officielle de l'opération française Sangaris.
Ces affrontements entre groupes armés rivaux ont eu lieu dans la soirée de dimanche à lundi dans le quartier PK5 de Bangui. Un bilan de 7 morts et plusieurs blessés est avancé par des témoins approchés par Anadolu.
"Ce bilan aurait pu être encore plus lourd si les affrontements avaient eu lieu en plein jour. Heureusement que les habitants étaient déjà chez eux quand les violences ont éclaté hier nuit", a témoigné Ali Chéibou, membre d’un groupe d’auto-défense du quartier.
Malgré la présence de l'Etat, le quartier PK5 reste sous l'emprise des groupes armés. La naissance de ceux-ci remonte à quelques années quand les Musulmans, minoritaires dans ce pays, étaient régulièrement pris à partie par des miliciens Anti-Balaka, majoritairement chrétiens.
Approché par Anadolu, le vice-président de la communauté islamique centrafricaine, Amat Déléris, fait remonter l'origine des dernières violences à de "vieux malentendus" entre groupes armés rivaux.
"C’est une vieille histoire liée à l'affaire de prise d'otage de 6 policiers dans le quartier [par des groupes d'auto-défense en juin dernier, ndlr]. Depuis, ces groupes se regardent en chiens de faïence. Il y avait ceux qui étaient favorables à la libération de ces otages et ceux qui y étaient opposés. Il y avait aussi ceux qui accusaient d'autres d'avoir confisqué une rançon qui aurait été versée pour la libération des otages", a déclaré Déléris à Anadolu.
Ces incidents interviennent alors que le pays connaît une résurgence de violences qui ont fait des dizaines de morts ces dernières semaines. Des affrontements entre groupes armés rivaux sont régulièrement enregistrés dans l'Est ou le Centre de ce pays qui s'est pourtant doté, en début d'année, de nouvelles institutions après trois ans de conflit inter-communautaire.
Séjournant depuis dimanche soir à Bangui, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, annoncera, lundi, la fin de l'opération militaire Sangaris, alors que la force de l'ONU rencontre une hostilité croissante de la part de populations qui l'accusent de "laxisme".
Déployée depuis décembre 2013, l'objectif de cette force qui a mobilisé jusqu'à 2500 hommes, était d'arrêter les massacres inter-communautaires qui ont éclaté après le renversement du président François Bozizé par le groupe politico-militaire Séléka, en mars 2013.
Attendue depuis mars dernier, la fin de Sangaris répond, selon des rapports de presse, au besoin de déployer des moyens supplémentaires dans le cadre des opérations françaises Barkhane, au Sahel, et Chammal au Proche-Orient.