Lassaad Ben Ahmed
07 Avril 2021•Mise à jour: 08 Avril 2021
AA / Pascal Mulegwa
La Cour constitutionnelle de la République du Congo a rejeté, mardi, les recours en annulation et de report, de l’opposition et confirmé la réélection du président Denis Sassou-Nguesso au scrutin du 21 mars.
« La Cour constitutionnelle a procédé aux rectifications et ajustements nécessaires. Est déclaré élu le candidat Denis Sassou Nguesso qui, à l'occasion du scrutin présidentiel, a recueilli 88,40% », a déclaré Auguste Iloki, président de la plus haute instance judiciaire congolaise.
Il a déclaré que les recours introduits, fin mars, par les opposants Mathias Dzon, Jean-Jacques Serge Yhombi Opango et Christian Mozoma sont jugés « irrecevables » et « non fondés ». Le taux de participation au scrutin s’est établi à 67,55 % sur quelques 2,5 millions d’électeurs attendus.
La mission d’observation électorale de l’Union africaine dépêchée en République du Congo, a relevé, une certain nombre de dysfonctionnement dans le déroulement du scrutin présidentiel, qui s’était déroulé sous coupure d’internet à travers le pays.
Sassou Nguesso sera investi dans les prochains jours pour un quatrième quinquennat successif. Il était arrivé au pouvoir en 1979 après avoir évincé Jacques Joachim Yhombi Opango, mais avait ensuite perdu la première élection pluraliste organisée en 1992.
Parachutiste, Nguesso avait reconquis le pouvoir par les armes en 1997 grâce à l’appui des troupes angolaises et groupes armés locaux. Sa nouvelle réélection a été marquée par le décès de son principal opposant Guy-Brice Parfait Kolélas, suite à une contamination par la Covid-19, le lendemain du scrutin. Il avait rendu l’âme lors de son transfert à Paris.
Surnommé « empereur », Sassou Nguesso, 77 ans, a cumulé 36 ans de pouvoir à la tête du Congo.
Ce petit pays est le troisième producteur de pétrole en Afrique, mais est frappé par une extrême pauvreté en hausse, avec 50 % de sa population qui vit sous le seuil de pauvreté.
Le Congo a multiplié des prêts sur avances de recettes pétrolières et s’est surendetté. Avant la pandémie, sa dette s’élevait à 12,5 milliards de dollars.