Nadia Chahed
06 Janvier 2017•Mise à jour: 10 Janvier 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao- Issiaka N’guessan
Des hommes armés en tenues militaires ont bloqué, vendredi matin, les principales artères de la ville de Bouaké, dans le centre de la Côte d'Ivoire, ont rapporté, au correspondant d'Anadolu, des témoins oculaires.
Les hommes équipés d'armes lourdes ont tiré des coups de feu sporadiques dans la ville quasi-déserte, a indiqué un habitant de cette ville joint au téléphone par Anadolu.
"Des coups de feu ont commencé à être entendus à partir de 1h30 GMT et se sont poursuivis jusqu'à 09H00 GMT", selon la même source.
«Des commissariats ont été attaqués et des armes ont subtilisées», a fait savoir une source sur place qui a requis l'anonymat.
Selon une source proche de l’ex-rébellion à Bouaké, "Il s'agit d'une mutinerie fomentée par des ex-combattants intégrés dans l'armée qui réclament le paiement des primes Ecomog".
Quelque 74 mille ex-combattants ont été pris en compte par le programme DDR (Démobilisation, désarmement et réinsertion), selon Christian Ago Kodia, coordonnateur de la Cellule de coordination et de suivi de la réinsertion (CCSR).
Selon des soldats joints par Anadolu, cette la «prime Ecomog» leur aurait été promise au cours de la crise post-électorale, peu avant l’assaut sur Abidjan. Elle leur aurait été promise par l’Etat-major de l’ex-rébellion, pour suppléer des soldats de la "Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest" (Cedeao) qui étaient engagés pour chasser Laurent Gbagbo.
Aucune source officielle ne s’est encore exprimée sur les évènements survenus à Bouaké.
Du 26 décembre 2010 au 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire a connu une crise post-électorale qui a fait officiellement 3000 morts après que l'ancien président Gbagbo ait refusé de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, soutenu par la Communauté internationale.
Bouaké représente, depuis la fin de la crise militaro-civile, déclenchée le 19 septembre 2002, une source d’angoisse permanente pour les autorités militaires et politiques du pays.