Esma Ben Said
23 Septembre 2017•Mise à jour: 25 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Fiston Mahamba
Kinshasa a annoncé la suspension momentanée de l'octroi de permis de conduire qui sera remplacé par le permis biométrique.
Alors que le principal mouvement citoyen en République démocratique du Congo (RDC) a menacé de manifester lundi prochain pour protester contre la décision du gouvernement d'invalider les passeports semi-biométriques en circulation d’ici le 16 octobre prochain, cette nouvelle annonce risque d'agacer à nouveau la population.
Dans un communiqué transmis samedi à Anadolu, le vice-premier ministre en charge des transports et voies de communication de la RDC, José Makila Sumanda a indiqué : "le ministère des transports et voies de ommunications informe l’opinion publique en général et tous les requérant qui désirent obtenir des permis de conduire en particulier que l’opération de délivrance de ce titre important de la sécurité routière par la Commission Nationale de Délivrance des Permis de Conduire, en sigle CONADEP est suspendue momentanément jusqu’à nouvel ordre".
Le ministère a justifié cette décision par la mise en circulation imminente des permis de conduire véritablement biométriques à travers toute l’étendue du pays.
Cette annonce intervient une semaine après que le ministère des affaires étrangères a indiqué qu'à partir du 16 octobre prochain, les passeports électroniques dit semi-biométriques n'auront plus cours légal en RDC.
En début de semaine, le ministère a notifié les ambassades et consulats congolais de prendre en compte cette mesure à la date indiquée, la justifiant par des raisons de sécurité et l'uniformisation de l'identification des citoyens.
À Kinshasa comme à l'intérieur du pays, ces deux mesures sont contestées par la population.
Zacharie Bababaswe, député national, élu de Kinshasa pour le compte de la plateforme politique du chef de l'État Congolais Joseph Kabila, a initié une interpellation du ministre des affaires étrangères devant l'assemblée nationale. Pour ce parlementaire, cette mesure est "une arnaque d'État", indiquant que le passeport est l'un de plus chers au monde (250$-300$) au lieu de son prix officiel de 185 $.
Une trentaine de personnes dont des activistes de droits humains, des artistes et journalistes ont été arrêtés mercredi dernier alors qu'ils manifestaient devant le ministère des affaires étrangères contre cette mesure, brandissant des banderoles portant mentions "Mon passeport est très valide"; "Touche pas à mon passeport"; "PasseportGate"...