Esma Ben Said
23 Septembre 2017•Mise à jour: 23 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) et le haut-commissariat pour les refugiés (HCR) ont décidé de délocaliser quelques deux mille
demandeurs d’asile burundais refugiés à Kamanyola dans l’Est du pays, a appris samedi Anadolu auprès d’une source officielle locale.
Cette décision a été prise ''au courant de la semaine'' après qu’une trentaine de réfugiés burundais et un militaire congolais ont été tués à Kamanyola, le 15
septembre, dans des heurts avec l’armée congolaise qui détenait quatre des leurs.
Plus de 100 personnes avaient également été blessés, selon l’ONU qui a condamné ces violences et demandé à Kinshasa d’enquêter.
''Nous avons décidé de les délocaliser pour éviter une nouvelle escalade de la violence […] ils n’ont manifesté aucune résistance quant à cela'' a déclaré à Anadolu
Dominique Bofondo, administrateur du territoire de Walungu dont relève la localité de Kamanyola dans l’Est de la RDC, frontalier avec le Rwanda et le Burundi.
L’officiel a fait observer que le nombre de ces demandeurs d’asile ne cessent de ''dégringoler'' dans la région, et a appelé le HCR à la ''vigilance'' car selon lui, la
plupart des refugiés se ''retirent de plus en plus de Kamanyola et se dirigent vers des destinations inconnues'' depuis que cette décision a été prise.
D’autre part, ces refugiés ont accepté de se faire enregistrer mais se sont opposés "au prélèvement de leurs empreintes digitales'' qu’ils assimilent au ''don de sang'', une pratique ''contraire à leur croyance religieuse'' selon Bofondo.
Bofondo n’a cependant pas déterminé la localité dans laquelle seront délocalisés ces refugiés mais a précisé qu’ils seront ''éloignés de la frontière avec leur pays'' vers un endroit où ils seront ''contenus'' et ''surveillés'' par l’ONU et l’Etat.
Vendredi, ces mêmes refugiés ''ont agressé un militaire congolais qu’ils ont réussi à poignarder à l'aide de clous […] le militaire est hospitalisé mais risque de ne pas s’en sortir vivant '' a déclaré samedi à Anadolu le porte-parole de l’armée dans la région, le capitaine Dieudonné Kasereka.
Près de 44 000 burundais sont refugiés dans l’Est de la RDC, selon l’ONU. La plupart d’entre eux ont fuit le Burundi depuis que le pays a plongé dans une grave crise politique et sécuritaire, à la suite de la décision en 2015, du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, jugé illégal par l’opposition et la société civile.