Hajer Cherni
12 Janvier 2021•Mise à jour: 12 Janvier 2021
AA/Tunis/Hajer Cherni
S’exprimant au sujet de la migration clandestine, le chargé de l'information de la FTDES, Romdhan Ben Amor, a affirmé que 373 personnes sont arrivées en Italie au mois de décembre 2020. Et durant ces 10 dernières années, 65.657 tunisiens et tunisiennes ont mis le cap sur les côtes italiennes, dont 42.019 ont été interceptés et expulsés chez eux.
Le nombre de migrants irréguliers tunisiens a connu, au cours de l'année 2020, une hausse jamais observée depuis 2011. Le nombre de migrants irréguliers tunisiens arrivant en Italie en 2019, n'ayant pas dépassé les 2.654 migrants, il a par contre atteint les 12.883 en 2020, dont 1.431 mineurs et 398 autres accompagnés de leurs familles, qui ont franchi illicitement les frontières maritimes et terrestres.
Ben Amor a expliqué que l'augmentation significative du nombre de migrants, au cours de l'année 2020, est due à la détérioration de la situation sanitaire, économique et sociale dans le pays, qui, selon lui, a brisé tous leurs espoirs en un avenir meilleur.
Il a également ajouté que le mois de décembre a connu une baisse considérable des taux de franchissement illégaux des frontières maritimes ou terrestres, pour des raisons liées principalement au climat. Cependant, le nombre des personnes arrivées en Italie par rapport à 2018 a augmenté de 54 %.
Les tentatives de franchissement illicite, qui ont été déjouées au cours du mois de décembre, sont composées à 39,8 % de migrants tunisiens, contre les 60,1 % de migrants issus de différentes nationalités.
De son côté, la coordinatrice de l'Observatoire social tunisien, Najla Arfa a signalé, que 8.759 mouvements de protestation ont été organisés en 2020, dont la plupart ont été enregistrés au mois de décembre.
Najla Arfa a expliqué, dans ce contexte, que le taux de contestation a connu une baisse considérable lors du confinement général en mars et avril.
En ce qui concerne le nombre de victimes de suicides et de tentatives de suicides, la FTDES a recensé 235 tentatives de suicides et de suicides au mois d'avril et de mai, en pleine période du confinement généralisé. Les conditions sociales, le chômage, les répercussions économiques, les problèmes familiaux et la fragilité de la situation professionnelle en sont principalement les causes.
''Quelque 17 tentatives de suicides et de suicides ont été enregistrés au mois de décembre 2020, dont 26 % des cas sont commis par des hommes et 74 % par des femmes'', a-t-elle dit.
S’agissant des cas de violence, l’intervenante a souligné que le taux de violence collective a atteint les 54 % contre les 46 % de violence individuelle, et que les hommes sont toujours au premier plan des acteurs sociaux les plus violents, avec 84 %.
Dans cette même perspective, les chiffres rapportent que 38 % des cas de violence ont eu lieu dans la rue et les espaces publics, alors que seulement 10 % des cas de violence ont été commis par des femmes.
Le FTDS a noté que la situation épidémiologique exceptionnelle, la fragilité économique et sociale a approfondi la crise en Tunisie. Asphyxiés par ces conditions, certains tunisiens se retrouvent au large de la méditerranée, ou encore se voient empli par des idées suicidaires. D'autres personnes s'engagent dans les mouvements de protestation pour réclamer la justice sociale.