Majdi Ismail
23 Avril 2022•Mise à jour: 23 Avril 2022
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, a quitté la capitale Kenyane, Nairobi, sans rencontrer la dizaine de groupes armés qui devraient négocier un cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo.
Annoncée pour ce vendredi 22 avril, la consultation présidentielle avec les groupes armés opérant dans les provinces de l'est de la RDC, une des résolutions du sommet quintipartite de jeudi 21 avril, n'a pas eu lieu.
« La principale raison reste la difficulté logistique pour le déplacement de la plupart des concernés à Nairobi », a déclaré la Présidence congolaise dans un compte-rendu parvenu à la presse.
La présidence de la république du Kenya, qui pilote le volet politique du processus, s'emploie « à faciliter l'arrivée des représentants de ces groupes dans la capitale kenyane en vue de rejoindre les deux autres qui y séjournent », selon la même source.
De son côté, le président Tshisekedi a réaffirmé ce vendredi avant son retour à Kinshasa, « la matérialisation de ce processus de reddition inconditionnelle ».
Tshisekedi considère ce dialogue comme une « dernière chance donnée à ces groupes armés locaux pour déposer immédiatement les armes et s'engager dans le processus de réinsertion sociale faute de quoi, l'option militaire régionale soutenue par tous va les y contraindre », selon la Présidence congolaise.
Pour le président congolais, « il est donc clair que cette main tendue envers ses compatriotes engagés dans une lutte armée contre leur pays n'est pas une table ronde de négociations ni de compromissions », ajoute le même compte-rendu.
Le chef de l'Etat congolais a laissé un groupe de travail d'experts chargé de mener ces consultations sous le leadership du président du Kenya, Uhuru Kenyatta.
Pour s'assurer de l'implémentation de toutes les décisions, il a été mis en place un secrétariat technique copresidé par le Mandataire spécial Serge Tshibangu, l'Envoyé spécial du président Uhuru Kenyatta et les délégués de chaque pays membres de la Communauté de l'Afrique de l'Est.
Le même ultimatum a aussi été lancé à l'endroit des groupes armés étrangers qui, eux, doivent se rendre auprès de leurs États respectifs « à défaut de subir la puissance de feu de la force militaire régionale », selon l’une des résolutions du sommet tenu jeudi entre le président Tshisekedi, ses homologues Yoweri Museveni de l’Ouganda, Evariste Ndayishimiye du Burundi, Uhuru Kenyatta du Kenya et le Rwandais Paul Kagame représenté par son ministre des affaires étrangères.
L’est de la RDC, constellé d’une centaine de groupes armés, est l’une des régions les plus instables et meurtries de la planète. Le processus de dialogue avec les groupes armés a soulevé une levée de boucliers notamment dans l’opposition et auprès de certains élus du camp présidentiel.